ESPACE – Principe de précaution ou riposte à la Chine?
La décision est digne d’un scénario d’Hollywood. Le président américain George W. Bush a ordonné de détruire un satellite espion, qui
menace de tomber sur la Terre,
à l'aide d'un missile tiré depuis un bâtiment militaire américain, a annoncé jeudi un haut responsable de la Maison Blanche. Le tir pourrait avoir lieu dans trois ou quatre jours, selon le
général James Cartwright, vice-président de l'état-major américain (en français
ici).
Carburant toxique
Une «interception» décidée en raison du risque pour la vie humaine, selon le conseiller adjoint à la Sécurité nationale James Jeffries. Le satellite contient à son bord près de 500 kilos d'un carburant toxique appelé hydrazine, une substance chimique qui attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose.
Des experts cités par CNN estiment qu’il y a 25% de risque que les débris du missile, s’il rentre dans l’atmosphère, atteignent des surfaces émergées, la Terre étant majoritairement recouverte d’eau, et 1% qu’ils frappent des zones habitées.
Riposte à la Chine
Au-delà du principe de précaution invoqué par l’administration Bush, ce tir apparaît également comme une riposte à la Chine,
auteur d’un tir de même sorte en janvier 2007. La Chine qui, depuis quelques années, a bel et bien relancé la course aux étoiles,, faisant craindre une course à la
militarisation de l'espace.
Les Etats-Unis disposent du réseau de satellites espions le plus dense au monde. Dotés de télescopes optiques, de radars, capables de reconstituer des images en relief des zones observées, les caractéristiques de ces satellites, dont le prix unitaire dépasse le milliard de dollars, sont couvertes par le secret d'Etat. Ce qui fait dire à certains, dont le général Cartwright, que ce tir est aussi une façon de détruire des données sensibles et prévenir toute récupération technologique.
Sa. C.