DECRYPTAGE - Fabio Liberti, chercheur de l'Iris et spécialiste de l'Union européenne, explique la proposition de Franco Frattini...
Fabio Liberti, chercheur à
l’Institut de relations internationales et stratégiques, est spécialiste de l’
Union européenne. Pour lui, la question migratoire ne fait pas vraiment débat en Europe.
Avec le plan du commissaire européen Franco Frattini, l’Europe se dirige-t-elle vers un système d’immigration à l’américaine?
La philosophie est effectivement la même: ficher les étrangers qui entrent sur le territoire. Toutefois, il ne faut pas oublier que les Etats-Unis ont mis en place ce système à la suite des attaques du 11-Septembre. La sensibilité européenne sur cette question est différente. D’ailleurs il y a plutôt un consensus pour la lutte contre l’immigration clandestine à l’intérieur des frontières de l’Union européenne. Ce sera d’ailleurs une des priorités de la présidence française de l’Union au second semestre 2008.
Tous les Etats de l’Union européenne sont-ils confrontés aux mêmes situations en matière d’immigration?
Tous les pays membres veulent européaniser le contrôle des frontières, même si la situation est très différente selon les pays. En France et en Allemagne, les immigrés en situation irrégulière sont en transit à l’intérieur de l’
espace Schengen. A l’inverse, les pays de la Méditerranée, comme l’Espagne et l’Italie, doivent faire face à de
nombreux débarquements illégaux. La Grande-Bretagne, elle, doit affronter des afflux de migrants illégaux venus d’Europe continentale.
Quel est le véritable objectif des propositions de Franco Frattini?
L’objectif final est de mettre en place une politique migratoire commune. Mais le chemin est encore long. La Grande-Bretagne qui a toujours refusé de faire partie de l’espace Schengen semble vouloir prendre part au nouveau dispositif de sécurisation des frontières. Les propositions de Franco Frattini ont réussi à séduire les Britanniques, car le commissaire européen a mis l’accent sur la lutte contre le terrorisme. Toutefois le projet est encore à l’étude. Rien ne sera fait sans l’approbation des Etats membres et celle du Parlement européen.
Propos recueillis par Alexandra Nawawi