Ouragan Irma: Déjà détruit deux fois en dix ans, Haïti se prépare au pire

MONDE Les abris temporaires ne sont pas conçus pour résister à des vents violents et de nombreux habitants ne savent même pas qu'un ouragan se dirige vers l'île..

20 Minutes avec AFP

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Une femme dans un bidonville de Port-au-Prince, le 6 septembre 2017, avant l'arrivée de l'ouragan Irma.

Une femme dans un bidonville de Port-au-Prince, le 6 septembre 2017, avant l'arrivée de l'ouragan Irma. — Dieu Nalio Chery/AP/SIPA

C’est le pays le plus pauvre d’Amérique face à l’ouragan le plus puissant jamais vu sur l’Atlantique. Alors qu’Irma a en partie détruit 90 % des bâtiments de Saint-Martin et de Barbuda, Haïti se prépare au pire, ce jeudi. Même si l’ouragan ne devrait que frôler l’île que le pays partage avec la République dominicaine, les destructions pourraient être catastrophiques, alors qu’Haïti ne s’est toujours pas remis du séisme de 2010, qui avait fait au moins 160.000 morts, puis des dévastations de l’ouragan Matthew en octobre 2016.

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Banques, écoles, toutes les institutions privées et publiques sont fermées depuis la mi-journée, jeudi. Le gouvernement a mis en place 800 abris provisoires mais 90 % sont des bâtiments coiffés de toits en tôles, incapables de résister à des rafales de vents violents.

Pas d’électricité, pas d’information

L’évocation du mot ouragan surprend tous les habitants du quartier pauvre de Shada, situé le long de la rivière au coeur du Cap-Haïtien : quelques heures avant le passage d’Irma au large de leur ville, aucun n’a été informé du danger de mort qui plane sur eux.
« Je ne savais pas qu’un cyclone arrivait, parce qu’on ne reçoit pas l’électricité ici, donc on ne peut pas avoir d’informations », explique Jacquie Pierre « Si vous dites qu’un gros cyclone va nous arriver ici, alors c’est la fin du monde pour nous », se désole son voisin, Pierre Valmy.

Fin de la mission de l’ONU

En périphérie de la deuxième ville d’Haïti, au centre d’opérations d’urgence, les équipes de la protection civile sont encore occupées à recenser les équipements et personnels disponibles. Le mandat de la mission onusienne prenant fin mi-octobre, les Casques bleus ont mis un terme à leurs opérations, quittant le pays de la Caraïbe en emportant les équipements lourds qui ont à maintes reprises servi lors des inondations saisonnières dans la région du Cap-Haïtien.
« Nous n’avons plus le support de la Minustah (mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti) et aussi, dans le département, il n’y a pas beaucoup d’ONG qui interviennent dans le cadre de la gestion des risques, ça rend la situation difficile », reconnaît Jean-Henri Petit, le coordonnateur technique de la protection civile.

Trois ambulances pour couvrir tout le département du Nord, qui compte plus d’un million d’habitants, à peine plus de camions pour tenter de nettoyer ravines et canaux d’évacuation des eaux, perpétuellement remplis d’ordures faute d’avoir un système de ramassage : au centre d’opérations d’urgence, on ne peut que constater le cruel manque de matériel. Sans une capacité d’accueil suffisante dans les abris provisoires, les autorités vont appeler ceux n’ayant qu’un toit de tôle au-dessus d’eux, ainsi que les habitants des zones inondables, à se réfugier chez un proche ou un ami ayant une maison en béton.

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