La Serbie et la Russie s'affolent. Alors que le Kosovo est sur le point de déclarer son indépendance, les deux pays ont réclamé hier une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, si possible dès aujourd'hui, pour tenter de l'en empêcher. Belgrade, soutenu par son allié russe, est farouchement opposé à l'indépendance de cette province serbe, qu'elle considère comme le berceau de son histoire. De leur côté, les dirigeants kosovars ont annoncé hier qu'ils seront techniquement prêts à déclarer l'indépendance dès vendredi.
Le ton monte à l'approche de l'échéance. Le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, a ainsi qualifié mardi les indépendantistes de « terroristes » et réaffirmé que la Serbie « annulerait » l'indépendance, dont ils contesteront la légalité. Les Kosovars peuvent toutefois compter sur le soutien de la plupart des pays de l'Union européenne et des Etats-Unis. Hier, l'UE a volé au secours de la province - à majorité albanaise et placée sous tutelle de l'ONU depuis 1999 - pour tenter de convaincre Moscou que l'indépendance est désormais inéluctable. A l'issue de la rencontre, le chef de la diplomatie russe s'est voulu rassurant, déclarant que « la Russie ne compte pas parmi ses moyens d'action politique le recours aux représailles ou aux sanctions ». Le Kosovo, qui pourrait proclamer unilatéralement son indépendance dimanche, n'attend plus que le feu vert de Bruxelles et Washington.