CUBA - La Havane tente de reprendre la main alors qu'une vidéo d'étudiants insatisfaits circule sur l'Internet…
La guerre des vidéos fait rage à Cuba. Granma, l'organe officiel du pouvoir, a diffusé mardi un enregistrement dans lequel des étudiants cubains, qui avaient critiqué le régime dans une autre vidéo, dénoncent une manipulation médiatique.
«Tout ce qui se dit est un mensonge total. Nos propos avaient pour objectif d'améliorer le socialisme et non de le détruire», déclare Eliecer Avila, un étudiant dont l'intervention avait fait date au cours d'une réunion en janvier dernier à l'Université des sciences informatiques (UCI) devant le chef du Parlement, Ricardo Alarcon. La vidéo, largement diffusée sur l'Internet et circulant sous le manteau à Cuba, montre trois autres étudiants de l'UCI en train de formuler des critiques sur des thèmes sensibles du régime, comme les restrictions aux voyages à l'étranger, à l'accès à l'Internet ou le système électoral.
Des rumeurs avaient fait état de l’arrestation d'Eliacer Avila à la suite de ces images, reprises notamment dans la presse américano-cubaine de Miami. Il faut dire que l'étudiant avait été amené de sa province vers La Havane par le dirigeant universitaire Carlos Lage Codorniu, fils du vice-président de la République, le 8 février dernier. En réalité, les autorités préparaient la riposte à la vidéo par la vidéo. «A aucun moment je n'ai été arrêté, ma famille est tout à fait tranquille, il n'y a aucun problème», déclare ainsi l'étudiant dans la nouvelle vidéo de quatre minutes mise en ligne par Granma et titrée «Les étudiants de l'UCI démentent une campagne médiatique contre Cuba».
La première vidéo mise en ligne par «Granma»:
Dans la seconde partie de cette vidéo, longue cette fois de huit minutes et titrée «Une offense au peuple cubain» l'un deux, Alejandro Hernandez, déclare «ne jamais avoir éprouvé dans sa chair une manipulation aussi criminelle que celle-là» à propos de la diffusion de la vidéo. «Cela a été un crime contre notre pays et je me suis senti mal.»
La seconde vidéo mise en ligne par «Granma»:
Les remous autour de la diffusion de ces différentes vidéos interviennent alors que le Parlement cubain se réunit le 24 février pour élire le président et décider du cas de Fidel Castro, éloigné du pouvoir par la maladie depuis près d'un an et demi. «Une révolution ne peut avancer sans projet. Nous sommes sûrs qu'il en existe un, mais ce que nous aimerions savoir, c'est lequel», avait déclaré dans la première vidéo Eliacer Avila devant le chef du Parlement. Ce dernier, potentiel successeur de Fidel Castro, avait répondu en invoquant les conquêtes de la révolution cubaine. Mais s'était déclaré sans réponse sur les restrictions d'accès à l'Internet.
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