«Dreamers»: Obama dénonce la décision «cruelle» de Trump sur les jeunes sans-papiers

ETATS-UNIS Le président américain a décidé d'arrêter le programme de son prédécesseur qui offrait un permis de travail à 800.000 jeunes sans-papiers...  

20 Minutes avec AFP

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Barack Obama alors qu'il était président des Etats-Unis, le 15 octobre 2015, aux côtés de Diane Calderon, une jeune sans-papiers bénéficiaire du programme «Daca».

Barack Obama alors qu'il était président des Etats-Unis, le 15 octobre 2015, aux côtés de Diane Calderon, une jeune sans-papiers bénéficiaire du programme «Daca». — NEWSCOM/SIPA

Il sort de sa réserve. Barack Obama a dénoncé mardi une décision « cruelle » après la remise en cause par l’administration Trump du programme permettant à des centaines de milliers de jeunes sans-papiers, connus sous le nom de Dreamers, d’étudier et de travailler aux Etats-Unis.

« Il s’agit de jeunes gens qui ont grandi en Amérique, d’enfants qui étudient dans nos écoles, de jeunes adultes qui débutent leur vie professionnelle, de patriotes qui s’engagent à respecter notre drapeau », a-t-il souligné dans un communiqué, défendant ce programme qu’il avait mis en place en 2012, par décret.

Le Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals), remis en cause mardi par Donald Trump, visait à faire sortir de l’ombre les enfants arrivés illégalement aux Etats-Unis avec leurs parents, pour la plupart en provenance d’Amérique latine.

« Décence élémentaire »

« S’en prendre à ces jeunes est une mauvaise décision, car ils n’ont rien fait de mal. C’est contre-productif, parce qu’ils veulent créer des entreprises, travailler dans nos laboratoires, s’engager dans notre armée et plus largement s’impliquer dans ce pays que nous aimons », a estimé Obama, qui était jusqu’ici resté très discret depuis son départ de la Maison Blanche le 20 janvier.

Selon lui, c’est « une question de décence élémentaire ». « Il s’agit de savoir si nous sommes des gens qui expulsons de jeunes travailleurs plein d’espoirs hors de l’Amérique ou si nous les traitons de la manière dont nous aimerions que nos enfants soient traités. Il s’agit de savoir qui nous sommes et qui nous souhaitons être ».

Tollé contre la décision de Trump

Barack Obama n’est pas le seul à s’indigner. Le Mexique a « déploré » cette annonce.. L’Eglise catholique américaine, elle a promis de « se battre » pour les Dreamers, du nom d’une réforme de l’immigration jamais votée au Congrès (le « dream act).

Plusieurs entreprises américaines, en particulier celles de la Silicon Valley, se sont insurgées. « Je suis profondément consterné à l’idée que 800.000 Américains, y compris plus de 250 collègues d’Apple, puissent bientôt se retrouver rejetés du seul pays qu’ils aient jamais considéré comme le leur », a pour sa part écrit Tim Cook, le PDG d’Apple, dans un mail aux salariés. « Nous sommes déçus (…) et nous demandons instamment au Congrès d’agir rapidement pour trouver une solution législative pérenne », a réagi un porte-parole de Google interrogé par l’AFP.

Microsoft, qui dit employer 39 « Dreamers », a indiqué être « déçu » par cette décision qu’il considère comme « un gros recul pour le pays tout entier ». Pour le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, « c’est un jour triste pour notre pays ». Cette décision n’est pas « seulement mauvaise », elle est « cruelle », a-t-il estimé sur le réseau social, pressant lui aussi le Congrès « d’agir ».

 

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