Un homme clé des opérations militaires du Hezbollah libanais, Imad Moughnieh, recherché par Interpol et les Etats-Unis pour une série d'attentats et d'enlèvements, a été assassiné mardi à Damas, a indiqué le puissant mouvement chiite qui a pointé du doigt Israël.
Un homme clé des opérations militaires du Hezbollah libanais, Imad Moughnieh, recherché par Interpol et les Etats-Unis pour une série d'attentats et d'enlèvements, a été assassiné mardi à Damas, a indiqué le puissant mouvement chiite qui a pointé du doigt Israël. - Mahmoud Zayat AFP

Fin de parcours pour Imad Moughnieh. Ce responsable des basses œuvres de plusieurs mouvements islamistes libanais a été assassiné mardi soir à Damas, la capitale syrienne. Le fondateur du Jihad islamique et pilier du Hezbollah, faisait figure de véritable croquemitaine sur la scène proche-orientale.

C’est Al-Manar, la chaîne affiliée au Parti de Dieu libanais, qui a annoncé la nouvelle mardi soir : « Un grand jihadiste de la résistance islamique au Liban a rejoint les grands martyrs (...) Le leader Imad Moughnieh est mort en martyr assassiné par les Israéliens sionistes ». Le gouvernement israélien a aussitôt démenti toute responsabilité dans l’événement.

Figurant dans la liste des 10 hommes les plus recherchés par les Etats-Unis avant le 11 septembre 2001, cet homme de 46 ans a commencé sa «carrière» de combattant dans les rangs de l’OLP, en tant que sniper pour l’unité d’élite Force 17.

Du Drakkar à l'enlèvement des Français au Liban

Mais Moughnieh est surtout tenu pour responsable de quelques-uns des événements les plus sanglants de ces 25 dernières années au Liban : l’attentat dit «du Drakkar» contre les soldats français en 1983 (58 morts), l’attentat contre les Marines américains (241 morts) qui avait poussé les Etats-Unis à se désengager du bourbier libanais.

Et surtout de plusieurs prises d’otages comme celles des Français Michel Seurat, Marcel Fontaine, Marcel Carton et Jean-Paul Kaufman, dont les portraits faisaient l’ouverture des journaux télévisés dans les années 80. C’est lui qui aurait négocié leur libération avec Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur.

Il est également soupçonné d'avoir été l'auteur de l'enlèvement de William Buckley, chef de l'antenne de la CIA à Beyrouth.

Enlèvements, explosions

En 1985, il organise le détournement d’un vol de la TWA sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth. Plus tard, en 1992, il a fait parler de lui en Argentine lors de l’attentat contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA), qui avait fait 85 morts et près de 300 blessés en juillet 1994 à Buenos Aires. Il est recherché par Interpol pour sa participation présumée à un attentat contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA), qui avait fait 85 morts et près de 300 blessés en juillet 1994 dans la capitale argentine.

«Il était un combattant islamiste déterminé, sans scrupules opérationnels mais pas un fanatique» a réagi l'ancien préfet Jean-Charles Marchiani, négociateur pour la libération des otages français, contacté par 20minutes.fr. Selon lui, Imad Moughnieh n'était pas l'initiateur direct de l'enlèvement des otages français «mais plus probablement de William Buckley».

Double rendez-vous tendu

La dépouille de Moughnieh est arrivée mercredi midi à Beyrouth, et le Hezbollah a annoncé la tenue de funérailles demain mercredi, au moment même où la majorité organisera une manifestation de masse pour commémorer le troisième anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Mardi, l’un des piliers de la majorité, le druze Walid Joumblatt, a fait monter la pression d’un cran, affirmant qu’«il n’y a pas de coexistence possible avec le Hezbollah, car le Hezbollah veut créer son Etat au sud de la route de Damas ». Le double rendez-vous de demain à Beyrouth s’annonce donc très tendu.

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