Ce serait le sixième essai nucléaire de l’histoire du pays. La Corée du Nord a testé dimanche une bombe à hydrogène, un essai qui s’est révélé être une « réussite parfaite », ont rapporté les médias officiels, en ajoutant que l’engin peut être monté sur les missiles à longue portée de Pyongyang. Le « séisme artificiel » était cinq ou six fois plus puissant que le test précédent en septembre 2016, ont annoncé les services météorologiques sud-coréens.

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L’institut géologique américain USGS a enregistré à 12 h, heure de Pyongyang (5 h 30, heure française) une secousse tellurique de magnitude 6,3 et a signalé une possible « explosion » dans une mine en Corée du Nord. La déflagration a été localisée à 24 km au nord-est de la localité de Sungjibaegam, dans la province de Hamgyeong du Nord. Elle a été ressentie pendant « environ huit secondes » dans plusieurs localités de la province chinoise du Jilin, a indiqué la télévision d’Etat CCTV.

Un essai nucléaire nord-coréen serait « absolument inacceptable », a réagi le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, peu après la nouvelle. Tokyo, qui a ensuite confirmé le test de Pyongyang, a adressé une protestation à l’ambassade de Corée du Nord à Pékin, le qualifiant de « tout à fait impardonnable ». Mardi, le régime de Kim Jong-un avait tiré un missile qui a survolé le territoire nippon avant de s’abîmer en mer.

« Cet événement peu profond ressemble à une explosion »

« C’est une explosion plutôt qu’un séisme », a déclaré à l’AFP Jana Pursely, chercheuse à l’USGS. « Cet événement peu profond ressemble à une explosion. » Le Centre chinois de surveillance sismique a également fait état d’une secousse tellurique de 6,3 provoquée par une « explosion présumée », et localisée à une profondeur « nulle », a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

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Les précédents essais nucléaires nord-coréens avaient tous entraîné des secousses telluriques détectées par les agences géologiques étrangères.

Dimanche matin, la Corée du Nord avait déjà affirmé avoir développé une bombe à hydrogène pouvant être installée sur son nouvel ICBM, censé placer le territoire américain à portée d’une éventuelle frappe nord-coréenne. Kim Jong-un aurait personnellement inspecté « une bombe thermonucléaire d’une très grande puissance fabriquée par nos efforts et notre technologie », a déclaré KCNA.

Des analystes étrangers ont émis ces derniers mois des doutes sur la capacité de la Corée du Nord à fabriquer une telle bombe et à la miniaturiser suffisamment pour pouvoir l’installer sur un missile.