Les quatre suspects présentés à la justice. Les fourgons de la Garde civile transportant les quatre survivants de la cellule djihadiste à laquelle sont attribués les attentats de Catalogne sont arrivés ce mardi peu après huit heures au tribunal de Madrid où les quatre hommes devraient être inculpés, a constaté l’AFP TV.

Qui sont les quatre suspects ?

Les quatre suspects ont été amenés dans des fourgons de la garde civile peu après 8h, escortés par des voitures de police toutes sirènes hurlantes, à l’Audience nationale, spécialisée dans les affaires de terrorisme. Il s’agit de Driss Oukabir, de Mohammed Aallaa, de Salh El Karib et de Mohamed Houli Chemlal, selon une source proche de l’enquête en Catalogne. Le dernier, âgé d’une vingtaine d’années, avait été blessé dans la gigantesque déflagration qui s’est produite la veille des attentats dans une maison à Alcanar, à 200 km au sud-ouest de Barcelone, où la cellule aurait tenté de fabriquer des explosifs. S’il comparaît c’est qu’un médecin légiste a estimé qu’il était en état d’être interrogé, a précisé un porte-parole de l’Audience nationale à l’AFP.

Salah El Karib, 34, l'un des quatre suspects arrêtés après les attentats de Catalogne arrive au tribunal de Madrid ce mardi 22 août 2017.
Salah El Karib, 34, l'un des quatre suspects arrêtés après les attentats de Catalogne arrive au tribunal de Madrid ce mardi 22 août 2017. - SIPA

Les suspects qui comparaissaient mardi ont été arrêtés après les attentats. Deux sont d’ailleurs les frères aînés de terroristes présumés abattus par la police. Le premier, Mohammed Aaalla, 27 ans, est le propriétaire de l’Audi A3 de Cambrils. Le deuxième, Driss Oukabir, 28 ans, est le frère aîné de Moussa Oukabir, un des cinq occupants de l’Audi.

Driss Oukabir, l'un des quatre suspects arrêtés après les attentats de Catalogne, arrive au tribunal de Madrid mardi 22 août 2017.
Driss Oukabir, l'un des quatre suspects arrêtés après les attentats de Catalogne, arrive au tribunal de Madrid mardi 22 août 2017. - SIPA

La plupart des membres présumés de la cellule ont grandi à Ripoll, une petite ville au pied des Pyrénées où s’étaient installés leurs parents marocains.

Des auditions à huis clos depuis 11h 

Les quatre hommes, en garde à vue depuis cinq jours, se trouvaient dans les cellules de l’Audience nationale en attendant d’être interrogés, a précisé ce porte-parole en estimant que l’audition ne démarrerait sans doute pas avant 11h. Le juge d’instruction Fernando Andreu, et la procureure en charge de l’affaire, étudiait les derniers comptes rendus de police avant d’entamer leur audition. Pendant ces auditions à huis-clos, les quatre hommes, assistés au minimum d’avocats commis d’office, ont le droit de ne pas répondre aux questions.

Fernando Andreu, un magistrat chevronné qui a aussi enquêté sur de délicates affaires politico-financières, doit déterminer quelles charges il retient contre eux exactement et quel rôle leur est reproché dans l’organisation des attentats. Ensuite, il décidera s’il les envoie en détention provisoire. Les attaques ont fait 15 morts et plus de 120 blessés jeudi et vendredi, à Barcelone et dans la station balnéaire de Cambrils à 120 km au sud.

Quelques zones d’ombre…

Parallèlement, la police enquête sur les déplacements des suspects à l’étranger : ceux de l’imam Abdelbaki Es Satty en Belgique et l’aller-retour en France d’une Audi 3 utilisée à Cambrils vendredi. Elle a été « flashée » par un radar le 12 août avec quatre personnes à bord, a déclaré mardi le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb.

La cellule de 12 hommes neutralisée

Au total 12 hommes, la plupart Marocains, sont suspectés d’avoir composé la cellule qui a commis les attentats. Cinq ont été abattus dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir foncé sur les passants à Cambrils et tué une femme à coups de couteau. Deux, dont l’imam, seraient morts mercredi en manipulant des explosifs.

VIDEO. Attentats en Catalogne: Qui est Younès Abouyaaqoub, suspect recherché dans toute l'Europe?

Un huitième, le fugitif Younès Abouyaaqoub, accusé d’avoir tué 13 piétons sur les Ramblas de Barcelone au volant d’une camionnette lancée à vive allure, a été abattu lundi soir à 50 km de la ville, dans une région de vignobles. Avant d’être tué, il avait montré une fausse ceinture d’explosifs et crié « Allah est grand ! ».

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