Collision entre un destroyer américain et un pétrolier: Comment est-ce possible?

NAVIGATION Cet accident survient deux mois après une première collision non loin du Japon...

Nicolas Raffin

— 

L'USS John S. Mc Cain (photo) a été heurté par un pétrolier au large de Singapour, lundi 21 août 2017.

L'USS John S. Mc Cain (photo) a été heurté par un pétrolier au large de Singapour, lundi 21 août 2017. — Chine Nouvelle / SIPA

  • Sept marins américains sont portés disparus après une collision de leur bâtiment avec un pétrolier.
  • L’accident s’est produit dans une zone à fort trafic maritime.
  • L'US Navy a annoncé une « pause opérationnelle ». 

C’est le deuxième accident du genre en deux mois, et il soulève toujours autant de questions. Ce lundi matin, un destroyer américain, l’USS John S. Mc Cain,est entré en collision avec un pétrolier au large de Singapour. Dix marins américains sont portés disparus. Le 17 juin dernier, un accident du même type s’était produit au large de la ville japonaise de Yokosuka : sept marins de l’USS Fitzgerald, un autre destroyer, avaient péri.

Ces deux collisions rapprochées ont-elles les mêmes causes ? L'US Navy a en tout cas décidé lundi après-midi d'une « pause opérationnelle » pour éviter de nouveaux incidents. Selon Ridzwan Rahmat, expert chez Janes by IHS Markit, la question d'une possible surexploitation des ressources de l’US Navy en Asie doit se poser. Interrogé par l’AFP, l’expert pointe un « surmenage des équipages, une trop grande accélération des opérations de l’US Navy dans la région ».

« Vous avez des bateaux de tous les côtés »

Un argument qui ne convainc que partiellement Alexandre Sheldon-Duplaix, corédacteur de Flottes de combat : « Certes, les navires sont très sollicités, mais ce n’est pas une excuse. Dans le premier cas - la collision près du Japon - il s’agit d’une erreur d’appréciation du navire américain. Cette deuxième collision risque à mon avis de conduire à une remise en cause de la formation des personnels », explique-t-il à 20Minutes.

De nombreux facteurs peuvent également jouer. La zone maritime où la seconde collision a eu lieu, au large de Singapour, est très fréquentée. « J’ai eu l’occasion de franchir le détroit de Malacca et c’est impressionnant, raconte Alexandre Sheldon-Duplaix. Vous avez des bateaux extrêmement prêts, de tous les côtés. La priorité numéro 1, à ce moment-là, c’est d’éviter la collision. »

Capture d'écran montrant le trafic maritime au large de Singapour le 21 août 2017.
Capture d'écran montrant le trafic maritime au large de Singapour le 21 août 2017. - Marinetraffic.com

« Efforts héroïques »

Le spécialiste s’interroge donc sur l’absence éventuelle de réaction à bord du bâtiment de guerre. « Un destroyer a beaucoup plus de personnel qu’un navire marchand, décrypte-t-il. En plus des radars, des veilleurs sont normalement chargés de surveiller les abords du navire. De plus, ce dernier se trouvait dans une zone de navigation en « eaux resserrées », ce qui doit conduire à augmenter les équipes de veille ».

De son côté, le Secrétaire à la Navy, Richard V. Spencer, a promis que les Etats-Unis conduiraient « une enquête complète » sur l’accident, tout en saluant « les efforts héroïques de l’équipage pour aider les blessés et empêcher que le navire ne subisse de plus gros dommages ».