Australie: Qui est la sénatrice d'extrême-droite qui est arrivée en burqa au Parlement?

POLEMIQUE La sénatrice, leader de l'extrême droite australienne, a orchestré ce coup de pub pour mieux réclamer l'interdiction de la burqa en Australie...

A.B.

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La sénatrice d'extrême droite Pauline Hanson s'est rendue au Sénat australien vêtue d'une burqa, le mercredi 16 août 2017.

La sénatrice d'extrême droite Pauline Hanson s'est rendue au Sénat australien vêtue d'une burqa, le mercredi 16 août 2017. — Jed Cooper/AP/SIPA

Elle voulait frapper les esprits et y est largement parvenue. Ce mercredi à Canberra, la sénatrice australienne Pauline Hanson s’est présentée au Parlement vêtue d’une burqa noire. Ses collègues en sont restés bouche bée et n’ont pas manqué de dénoncer un coup de pub offensant et de mauvais goût.

Leader de l’extrême droite australienne

Notoirement anti-musulmans et anti-immigration, la sénatrice est arrivée à la session des questions au Parlement vêtue d’une burqa noire. Le but de la manœuvre : demander l’interdiction de ce vêtement religieux dans son pays, indique The Guardian. Sous les yeux ébahis de ses collègues sénateurs, Pauline Hanson est restée sur son siège, et sous sa burqa. Ce n’est qu’au bout d’une vingtaine de minutes que l’élue a découvert son visage dans un geste hautement théâtral.

Dans un geste théâtral, l'élue a retiré sa burqa avant de réclamer l'interdiction de ce vêtement religieux en Australie.
Dans un geste théâtral, l'élue a retiré sa burqa avant de réclamer l'interdiction de ce vêtement religieux en Australie. - Lukas Coch/AP/SIPA

« Je suis heureuse de l’enlever parce que cela ne devrait pas avoir sa place au Parlement, a-t-elle déclaré. Si une personne porte un cache-nez ou un casque dans une banque ou dans tout autre bâtiment, elle doit l’enlever. Pourquoi est-ce qu’on ne demande pas la même chose à quelqu’un qui couvre son visage et ne peut pas être identifié ? »

Leader du parti One Nation, la sénatrice de 63 ans est le porte-voix de l’extrême droite australienne et ne fait pas grand mystère de ses positions radicales. Déjà en 2016, lors de son discours prononcé après sa réélection pour un second mandat au Sénat, l’élue avait directement pris pour cible la communauté musulmane d'Australie. « Nous risquons aujourd’hui d’être submergés par les Musulmans dont la culture est incompatible avec la nôtre », avait-elle ainsi déclaré.

Indignation au Sénat

Si Pauline Hanson est ravie d’avoir su attirer l’attention, son geste a toutefois suscité l’indignation dans le pays, à commencer par les parlementaires australiens, qui ont été nombreux à condamner le mauvais coup de pub de la sénatrice. Le chef de la majorité au Sénat, George Brandis, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots.

« Je ne ferai pas semblant d’ignorer le coup de pub que vous avez tenté de faire en arrivant dans la Chambre habillée en burqa (…) Nous savons tous que vous n’adhérez pas à la foi islamique. Je vous recommande et vous conseille avec respect d’être très, très prudente de l’offense que vous pouvez faire aux sensibilités religieuses d’autres Australiens », évoquant le demi-million d’Australiens de confession musulmane « dont la vaste majorité sont de bons Australiens respectueux de la loi. Le fait d’être un citoyen australien respectueux de la loi est tout à fait compatible avec celui d’être musulman ».

L’élu a ensuite opposé une fin de non-recevoir à Pauline Hanson en lui signifiant que la coalition au pouvoir n’avait aucune intention d’interdire la burqa en Australie. Un discours qui lui a valu d’être ovationné par ses collègues parlementaires, dont certains ont dénoncé sur Twitter le geste de Pauline Hanson et salué les propos de George Brandis.

« Le coup de pub de Pauline Hanson était un étalage blessant, offensant et dangereux de sa propre ignorance. Le Sénat y a résisté comme il le devait », a ainsi tweeté la sénatrice Sarah Hanson-Young.

« Très fier d’être un ami et collègue de George Brandis - une belle, juste et nécessaire déclaration », a estimé pour sa part le sénateur Simon Birmingham sur le même réseau social.