Corée du Nord: Kim Jong-un met sur pause le projet de tirs vers Guam

COREE DU NORD Le président nord-coréen a appelé les Etats-Unis à faire un premier geste pour réduire la tension...

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et Kim Jong-un à la télévision sud-coréenne, le 10 août 2017.

Donald Trump et Kim Jong-un à la télévision sud-coréenne, le 10 août 2017. — Ahn Young-joon/AP/SIPA

  • Kim Jong-un aurait examiné le plan pour lancer quatre missiles « à 30 ou 40 kilomètres de Guam ».
  • Il a cependant semblé faire une ouverture vers Washington.
  • Cette «offre» pourrait concerner les exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Il « a examiné le plan pendant un long moment » et « l’a discuté » avec de hauts responsables militaires, mais dit vouloir mettre le projet sur pause. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a été briefé lundi sur un plan pour tirer des missiles à proximité de l’île de Guam, territoire américain du Pacifique, avertissant que cet exercice hautement provocateur irait de l'avant en cas de nouvelle «action irresponsable» de Washington.

Aux yeux de certains analystes, ces commentaires du dirigeant nord-coréen constituent une possible porte de sortie pour désamorcer la crise alimentée par la guerre des mots entre le président américain Donald Trump et la Corée du Nord.

Un semblant d’ouverture vers Washington

« Les impérialistes américains ont le nœud coulant autour du cou à cause de leur tapage téméraire portant à la confrontation militaire », a déclaré Kim Jong-un lors de son inspection de lundi, selon l’agence KCNA. Mais il n’a pas évoqué une date de mise en œuvre du plan concernant Guam, déclarant selon l’agence qu’il allait « observer un petit peu plus longtemps le comportement idiot et stupide des Yankees ».

Et il a semblé faire une ouverture vers Washington. « Afin de désamorcer les tensions et de prévenir un dangereux conflit militaire dans la péninsule coréenne, il est nécessaire que les Etats-Unis décident les premiers une option appropriée », a déclaré le dirigeant sans spécifier la nature d’une telle option éventuelle, selon KCNA.

Une possible référence aux exercices militaires entre Séoul et Washington

Il semblerait que Kim Jong-Un fasse ainsi référence aux exercices militaires conjoints annuels à grande échelle entre Séoul et Washington, qui doivent commencer prochainement. Ces manoeuvres ne manquent jamais de susciter l'ire de Pyongyang, qui les considèrent comme la répétition de l'invasion de son territoire.

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La Corée du Nord a proposé dans le passé un moratoire sur les essais nucléaires et les tests de missiles en échange de l'annulation de ces exercices, compromis soutenu avec constance par la Chine, principal allié de Pyongyang, et rejeté tout aussi régulièrement par Washington et Séoul. Certains analystes jugent que le numéro un nord-coréen est en train de proposer le même compromis, avec en plus dans la balance la menace sur Guam.

«On n'est pas sortis du bois»

«C'est une invitation directe à parler de freins réciproques aux exercices et aux tirs de missiles», a estimé Adam Mount, expert du cercle de réflexion Center for American progress, à Washington. Pour John Delury, professeur à l'Université Yonsei de Séoul, «Kim Jong-Un est en train d'opérer la désescalade, il met Guam de côté pour l'instant», a-t-il jugé sur Twitter .

«On n'est pas sortis du bois», prévient-il cependant. «Il faut que les deux parties continuent de faire des gestes pour désamorcer les choses, en actions ou en paroles. La diplomatie doit passer à la vitesse supérieure».

Séoul comme Washington soutiennent que leurs manoeuvres sont purement défensives et ne peuvent être reliées aux ambitions nucléaires de la Corée du Nord, qui violent toute une série de résolutions de l'ONU. 

A Guam, les autorités «follement heureuses»

L'annonce nord-coréenne a été saluée à Guam. Les autorités se sont dites «follement heureuses» que «Kim Jong-Un ait reculé».

Les tensions ne cessent de s'aggraver depuis que le Nord a testé en juillet deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) qui semblent mettre à sa portée une bonne partie du territoire américain. En réaction, Donald Trump a menacé de déchaîner sur la Corée du Nord «le feu et la colère, d'une manière que le monde n'a jamais vue».