Etats-Unis: Violences lors d'un rassemblement d'extrême-droite: 3 morts et 35 blessés

ETATS-UNIS Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue...

Manon Aublanc avec AFP

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Les blessés reçoivent les premiers soins des secours après qu'une voiture ait foncé sur la foule, en marge d'un affrontement entre antiracistes et militants radicaux, le 12 août 2017, à Charlottesville en Virginie.

Les blessés reçoivent les premiers soins des secours après qu'une voiture ait foncé sur la foule, en marge d'un affrontement entre antiracistes et militants radicaux, le 12 août 2017, à Charlottesville en Virginie. — PAUL J. RICHARDS / AFP

  • Des violences ont éclaté entre des militants antiracistes et des militants de la droite radicale.
  • Une voiture a foncé sur la foule, en marge du rassemblement. On dénombre un mort et 19 blessés.
  • Le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, a déclaré l’état d’urgence afin de mobiliser davantage de moyens policiers.

Un rassemblement controversé de groupuscules de l’extrême droite américaine a tourné au drame, samedi à Charlottesville (Virginie). Une voiture a foncé sur la foule des contre-manifestants antiracistes, faisant un mort et 35 blessés. Deux policiers sont également morts dans la chute de leur hélicoptère près de Charlottesville sans qu’un lien explicite avec les affrontements ne soit établi.

L'une des victimes est une femme de 32 ans qui a été tuée lorsque la voiture a foncé, volontairement selon des témoins, dans une foule de contre-manifestants venus s'opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine: néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu'à la droite alternative ou Alt Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l'élection présidentielle.

Trump critiqué pour sa réaction

Donald Trump a condamné les violences de Charlottesville, sans se prononcer sur la responsabilité de l’un ou l’autre des camps en présence. « Nous devons TOUS nous unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n’y a pas de place en Amérique pour ce type de violences », a-t-il écrit sur Twitter. En semblant renvoyer dos à dos les deux camps, le président américain a provoqué l'indignation chez les Démocrates mais aussi un malaise chez les Républicains, son propre parti.

Hillary Clinton l'a critiqué sans le nommer. «Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs», a-t-elle tweeté.

Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, est lui aussi intervenu sur le réseau social: «Très important pour la nation d'entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs». 

L'ex-président Barack Obama est sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela: «Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion».

Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue

Dans la soirée, le ministre de la Justice Jeff Sessions a dénoncé «l'intolérance raciale et la haine». Les violences de Charlottesville «trahissent nos valeurs fondamentales et ne peuvent être tolérées», a-t-il dit. Le FBI, la police fédérale, a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles la voiture a foncé sur la foule, tuant la jeune femme de 32 ans et blessant 19 autres personnes.

Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un « homicide criminel », a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas. Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l’Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite.

Dans une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux, on voit une voiture de couleur sombre percuter violemment un autre véhicule par l’arrière, puis repartir vivement en marche arrière, au milieu des manifestants. D’autres images montrent des blessés étendus au sol. Selon divers témoins, les victimes étaient des contre-manifestants venus dénoncer la présence à Charlottesville de groupes de la droite radicale et identitaire américaine, dont le Ku Klux Klan et des néonazis.

« C’était volontaire, ils ont fait exprès de reculer »

Une journaliste de l’AFP présente sur les lieux a vu des blessés étendus au sol, des personnes en pleurs, des brancards, des ambulances et des camions de pompiers. « On marchait dans la rue quand une voiture, une berline noire ou grise, nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis elle a reculé et nous a encore heurtés. Il y avait une fille derrière qui essayait de se relever », a relaté à l’AFP un témoin. « Je pense qu’il y a une dizaine de blessés. Une fille au sol a été mutilée. C’était volontaire, ils ont fait exprès de reculer », a-t-il ajouté.

Un confrère de Radio France était sur place au moment du drame.

Les forces de l’ordre ont procédé à un nombre inconnu d’interpellations. Le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, a de son côté déclaré à la mi-journée un état d’urgence, afin de mobiliser davantage de moyens policiers.