Etats-Unis: Une musulmane obtient 85.000 dollars après avoir eu son foulard retiré par un policier

JUSTICE La plaignante « ne souhaite à personne de vivre son expérience »…

Nicolas Raffin

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Des élèves musulmanes se rendent en cours dans un lycée du Maryland, en mai 2016.

Des élèves musulmanes se rendent en cours dans un lycée du Maryland, en mai 2016. — Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Kirsty Powell a obtenu réparation. En mai 2015, suite à un mandat d’arrêt (dont les charges ont ensuite été abandonnées), cette musulmane s’était retrouvée en garde à vue à Long Beach, près de Los Angeles (Californie). Les policiers présents lui avaient alors demandé de retirer son hijab (foulard religieux), affirmant qu’elle n’avait pas le droit de le porter en garde à vue.

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Face à son refus, un policier le lui avait alors retiré de force. D’après le centre des relations américano-islamiques (CAIR), « elle avait dû passer la nuit entière ainsi exposée derrière les barreaux, une expérience qu’elle a décrite comme étant profondément traumatisante ».

Politique modifiée

Kirsty Powell a alors décidé de porter plainte. Plus de deux ans après, la ville de Long Beach a décidé ce mercredi d’accepter un accord financier : la plaignante recevra 85.000 dollars (71.800 euros) de compensation en échange de l’abandon des poursuites.

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La ville a également modifié sa politique concernant le port de chapeaux ou de foulards religieux pour les personnes en garde à vue. « Je ne souhaite à personne de vivre mon expérience, a témoigné Kirsty Powell. Je veux que mes sœurs musulmanes se sentent toujours à l’aise et en sécurité lorsqu’elles portent le hijab ». « Long Beach a fait le bon choix en reconnaissant que le fait d’avoir retiré le hijab de Kirsty était comme lui retirer sa liberté religieuse » a expliqué Carey Shenkman, une avocate basée à New-York.