Jordanie: Les violeurs ne pourront plus épouser leur victime pour échapper à la prison

VIOL Jusqu'à ce mardi, une femme violée était contrainte de se marier avec son bourreau en Jordanie...

20 Minutes avec agences

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Des manifestations ont eu lieu ce mardi, devant le Parlement jordanien.

Des manifestations ont eu lieu ce mardi, devant le Parlement jordanien. — Reem Saad/AP/SIPA

Jusqu’à présent, la loi jordanienne autorisait un violeur à épouser sa victime pour échapper à la prison. La femme se trouvait ainsi contrainte de se marier avec son bourreau. Cet article a été aboli mardi par le Parlement jordanien, a annoncé l’agence de presse Petra.

« Les députés ont convenu d’annuler l’article controversé 308 [du code pénal], qui permettait au violeur d’épouser sa victime pour échapper au châtiment », a précisé l’agence. Une mesure prise dans le cadre du projet d’amendement de la loi pénale 2017 adoptée par le Parlement.

« Consolider la protection de la famille jordanienne »

Plus de 160 cas deviol ont été recensés dans le royaume en 2016, selon des chiffres officiels. Le Premier ministre, Hani Mulqi, a affirmé avec cette abolition vouloir « consolider la protection de la famille jordanienne ».

Au pays de la reine Rania, symbole de l’émancipation de la femme arabe, des femmes sont tuées chaque année par des proches qui invoquent l'« honneur » de la famille après des relations sexuelles avant ou hors mariage, rapporte les autorités. Dans ce genre d’affaires, les meurtriers risquent la peine de mort mais les tribunaux font souvent preuve de clémence.

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L’un des derniers bastions de cette loi tribale

La Jordanie était, selon France 24, l’un des derniers pays du monde à appliquer cette loi tribale. Le Maroc et l’Irak l’avaient, eux, abolie. Un sondage montrait, en 2015, que la moitié de la population jordanienne était favorable à cette loi et la considérait comme un moyen de protection des femmes et de leur honneur.

Selon l’ONG Human Rights Watch (HRW), plusieurs pays arabes conservent cependant de telles législations, dont l’Algérie, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Koweït et les Territoires palestiniens.

Sarah Leah Whitson, membre de HRW, a salué la décision jordanienne sur Twitter : « BRAVO la Jordanie pour avoir abrogé l’odieux article 308 […]. Les pays arabes doivent suivre. Les femmes ne sont PAS une propriété ».

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