Le propos, peu flatteur à l'égard de Claude Guéant, figure dans le portrait que le New York Times dresse du ministre français des Affaires étrangères. Interrogé sur l'échec de la médiation française pour sortir le Liban de la crise politique, Bernard Kouchner affirme que « le problème, c'est de ne pas jouer le jeu que les miens ont joué à Damas ». Le problème dans cette affaire, poursuit-il, ce fut « l'Elysée », qui a envoyé son conseiller diplomatique Jean-David Levitte et son secrétaire général Claude Guéant en Syrie pour tenter de trouver une solution en usant de l'influence du président Bachar al-Assad au Liban. Une mission parallèle qui a « révolté » et « humilié » le chef de la diplomatie, selon le quotidien américain. Kouchner était en effet convaincu qu'il ne fallait pas traiter avec Damas, soupçonné d'être derrière le meurtre de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Si Kouchner épargne Levitte, « un type loyal » qui « savait que j'avais raison », il est en revanche moins tendre avec Guéant, un « rival surprise », selon le New York Times. « C'est toujours la même chose avec eux, lâche Kouchner. C'est un problème d'expérience. Ceux qui sont au courant le savent. »