TCHAD %u2013 Isabelle Defourny, responsable du programme de Médecins sans frontières dans le pays, explique le déploiement des forces de l%u2019association dans la région...
Isabelle Defourny, responsable du programme de
MSF au Tchad, annonce l’envoi de deux équipes chirurgicale et médicale à N’Djamena, dans les tout prochains jours.
Quelles sont les forces de Médecins sans frontières sur place?
Nous avons envoyé une équipe chirurgicale, jeudi dernier. Quinze personnes travaillent actuellement dans un hôpital de N’Djamena, situé à la périphérie de la ville. Mercredi prochain, nous enverrons deux autres équipes. La première, chirurgicale, ira prêter main-forte dans les autres hôpitaux de la capitale. La seconde, médicale, restera au Cameroun pour venir en aide aux réfugiés tchadiens qui commencent à passer la frontière. Un avion acheminera également du matériel chirurgical et médical, pour fournir les hôpitaux de N’Djamena.
Où en est la situation dans la capitale tchadienne?
Aujourd’hui la situation s’est calmée, car les rebelles ont quitté la ville. Mais ce week-end, les combats ont été très violents. Samedi, notre équipe a soigné une cinquantaine de civils. La grande majorité était blessée par balle. Dimanche, les violences ont redoublé. Les rebelles ont bombardé la ville et l’hôpital était très difficile d’accès. L’équipe de MSF a reçu une vingtaine de personnes, hommes, femmes et enfants, tous lourdement touchés par des tirs de mortiers et de roquettes. La plupart avaient des membres arrachés par les explosions.
Quel est l’objectif de MSF à N’Djamena?
Notre première équipe s’est installée dans un hôpital un peu excentré et il nous est très difficile aujourd’hui de rejoindre le centre ville. Des milliers de Tchadiens commencent à prendre la fuite vers le Cameroun. Les rues sont bondées et les routes sont pratiquement impraticables à cause des bombardements. Du coup, les blessés se trouvant au cœur de la capitale, nous n'arrivons pas à les atteindre.
Propos recueillis par Alexandra Nawawi