Israël: Deux policiers israéliens tués par balles à Jérusalem

VIOLENCES L’esplanade des Mosquées a été fermée jusqu'à dimanche…

20 Minutes avec AFP

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Jerusalem, le 14 juillet 2017. Les experts de la police israélienne transporte le corps d'un assaillant abattu après une fusillade qui a fait cinq morts.

Jerusalem, le 14 juillet 2017. Les experts de la police israélienne transporte le corps d'un assaillant abattu après une fusillade qui a fait cinq morts. — Mahmoud Illean/AP/SIPA

  • Trois hommes ont ouvert le feu à Jérusalem, ce vendredi.
  • Deux policiers israéliens ont été tués dans l’assaut.
  • Les assaillants ont été rattrapés et abattus.

Depuis deux ans, c’étaient surtout des attaques à l’arme blanche qui inquiétaient les forces de l’ordre israéliennes. Ce vendredi, c’est à l’aide d’armes à feu que trois hommes ont perpétré une attaque sanglante dans la Vieille ville de Jérusalem.Trois Arabes Israéliens ont tué vendredi par balles deux policiers israéliens dans la vieille ville de Jérusalem, avant d'être abattus sur l'esplanade des Mosquées, un des incidents les plus graves dans ce secteur au coeur du conflit israélo-palestinien. Un troisième policier a été légèrement blessé, selon la police.

Esplanade fermée jusqu'à dimanche

Cette esplanade, troisième lieu saint de l'islam, a été fermée après l'attaque anti-israélienne par la police qui a également annulé les prières du vendredi sur ce site ultra-sensible situé à Jérusalem-Est annexée et occupée par Israël. Des centaines de musulmans ont prié sur les trottoirs à l'extérieur des différentes portes de la vieille ville, ont constaté les journalistes de l'AFP. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dans un communiqué que l'esplanade des Mosquées resterait fermée jusqu'à dimanche.

Discussion téléphonique entre Netanyahu et Abbas

Pour tenter d'éviter une escalade, Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas ont eu une conversation téléphonique, un entretien rare depuis la suspension des négociations de paix en 2014. Mahmoud Abbas a exprimé «son rejet de tout acte de violence d'où qu'il vienne» alors que M. Netanyahu «a appelé au calme».

Qui sont les assaillants?

Selon la police et le Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien, les trois assaillants sont des Arabes israéliens, originaires de la ville de Oum el-Fahm (nord). Ils ont été identifiés comme Mohamed Jabarine (29 ans), Abdel Latif Jabarine (19 ans), Mfadal Jabarine (29 ans). Vers 7h locales (6h heure de Paris), ils ont ouvert le feu sur des policiers près d'une porte de la Vieille ville avant de s'enfuir vers l'esplanade des Mosquées où ils ont été abattus par les forces de l'ordre, selon la police.

Sur les images d'une vidéo tournée sur l'esplanade et diffusée dans les médias israéliens et palestiniens, un échange de tirs nourris est audible. Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948. Ils ont la nationalité israélienne et représentent 17,5% de la population de l'Etat hébreu.

Le mufti arrêté puis relâché

Quelques heures après l'attaque, la police israélienne a arrêté le mufti de Jérusalem, Mohammed Hussein, alors qu'il était réuni avec d'autres Palestiniens dans la vieille ville pour dénoncer la fermeture de l'esplanade des Mosquées, selon ses proches. 

Il a annoncé à l'AFP avoir été libéré par la police israélienne. «J'ai été libéré», a-t-il affirmé dans une très brève déclaration au téléphone. Un de ses fils, Ahmad, a confirmé la libération sans condition de son père et précisé que la police s'était contentée de l'interroger durant son arrestation de quelques heures.

Prières annulées

Selon les médias israéliens, c'est la première fois depuis 2000, au moment de l'explosion de la deuxième intifada, le soulèvement palestinien, que les prières du vendredi sont annulées. 

Les autorités palestiniennes à Ramallah, en Cisjordanie occupée, ont condamné la fermeture de l'esplanade des Mosquées et la Jordanie, gardienne des lieux saints de Jérusalem a appelé à une «réouverture immédiate» du site pour permettre aux fidèles de prier. Le porte-parole du mouvement islamiste Hamas, Sami Abou Zohri, a estimé que l'attaque était «une réponse naturelle au terrorisme sioniste et à la profanation de la mosquée Al-Aqsa».

«Le statu quo sera préservé», a assuré Benjamin Netanyahu, pour tenter de rassurer les Palestiniens. Selon un statu quo en vigueur depuis des décennies, les juifs sont autorisés à visiter l'esplanade mais pas à y prier.