ELECTRICITE - Le bras de fer qui oppose Pékin aux producteurs d'électricité se traduit par des coupures de courant de plus en plus fréquentes...
Avec 78% de l’électricité produite à partir de charbon en Chine, les tempêtes de neige ont durement touché la production d’énergie en bloquant des convois entiers sur les voies. «Moins de 25% de la demande quotidienne de charbon a pu être assuré», a admis le ministère des Transports.
Conséquence directe: 90 centrales ont dû être fermées et la moitié des provinces ont du coup subi des pannes. En tout, la Chine souffre d’un déficit de 70 gigawatts – pour avoir un ordre d’idée, c’est la capacité de production de la Grande-Bretagne tout entière! Selon l’agence officielle Xinhua, «il s’agit de la crise énergétique la plus importe à laquelle la Chine ait dû faire face.»
Exportations de charbon interdites
Mais la neige ne serait qu’un prétexte qui servirait de révélateur à cette crise: selon des experts en énergie, la vraie cause serait en fait un bras de fer entre les producteurs d’électricité et Pékin. La récente libéralisation des prix du charbon a fait envoler son coût en 2007 de 14%. Or pour autant, les centrales, principales clientes des mines, n’ont pu répercuter cette hausse car le gouvernement refuse pour l’instant de déréguler le prix de l’électricité. Il craint un nouveau mécontentement de la population déjà très insatisfaite de l’inflation des produits courants qu’elle a du mal à supporter.
Les groupes électriques se retrouvent donc coincés, et leur seule «monnaie d’échange» reste bien entendu la quantité d’électricité qu’ils décident de fournir… Et comme le gouvernement refusera certainement d’augmenter le prix de l’électricité avant juin prochain, «de nombreuses pannes sont à prévoir cette année», nous a ainsi confié un acteur du secteur.
En attendant, la Chine a interdit toute exportation de charbon pour les deux prochains mois, et le marché des matières premières énergétiques flambe: des actions de sociétés minières ou pétrolières auraient augmenté jusqu’à 23%, selon le quotidien Asia Times.
De notre correspondante à Shanghai, Caroline Dijkhuis