Obstruction à la justice: Trump ne peut pas s'empêcher de tweeter

ETATS-UNIS Le président américain semble confirmer qu'il est visé par l'enquête et s'en prend à son ministre adjoint à la Justice...

P.B.

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Donald Trump face à l'ex-directeur du FBI, James Comey, le 22 janvier 2017 après son investiture.

Donald Trump face à l'ex-directeur du FBI, James Comey, le 22 janvier 2017 après son investiture. — Andrew Harrer/NEWSCOM/SIPA

Ses doigts doivent le démanger. Alors que tout bon avocat lui conseillerait d’arrêter de parler publiquement d’une enquête qui, selon le Washington Post, le vise désormais personnellement, Donald Trump continue inlassablement de tweeter. Et ce n’est pas sans conséquence.

« Pour avoir viré le directeur du FBI, je suis visé par une enquête pilotée par l’homme qui m’a dit de virer le directeur du FBI ! Chasse aux sorcières », a écrit le président au petit matin, vendredi. Pour ceux qui ne sont pas collés à CNN, Trump fait ici référence à Rod Rosenstein, le ministre adjoint à la Justice. Ce dernier, qui supervise l’enquête sur la Russie, a rédigé un mémo justifiant le limogeage de James Comey. Mais Donald Trump a indiqué lors d’une interview qu’il allait renvoyer de directeur du FBI, quelles que soient les conclusions de ses ministres.

Rosenstein pourrait devoir se récuser

Selon Politico, Rosenstein, un avocat réputé pour son intégrité, n’a pas vraiment apprécié que Trump suggère que la décision d’écarter Comey venait du ministère de la Justice. Selon sa version, rapportée par des proches, Donald Trump voulait faire sauter Comey et a demandé un mémo justifiant la décision.

Moins d’une semaine plus tard, Rosenstein décidait de nommer un procureur spécial, Robert Mueller. C’est lui qui pilote l’enquête sur la Russie, mais également, selon le Washington Post, un volet pour une possible obstruction à la justice contre Donald Trump.

Le tweet du président américain n’est pas sans conséquence. Selon le blog Lawfare, Rosenstein, à qui Mueller doit pour l’instant rendre des comptes, pourrait être contrait de se récuser complètement de l’enquête, notamment car Trump écrit que son ministre lui « a dit de virer le directeur du FBI ». Désormais Rod Rosenstein pourrait être entendu comme témoin par Robert Mueller, qui se retrouverait plus indépendant que jamais.

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