L'ex-chancelier allemand Helmut Kohl est mort à l'âge de 87 ans

DISPARITION Le quotidien allemand Bild a annoncé ce vendredi la mort de l'ancien chancelier ...

Clémence Apetogbor

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L'ancien chancelier de la Réunification allemande Helmut Kohl, le 1er octobre 2010 à Berlin

L'ancien chancelier de la Réunification allemande Helmut Kohl, le 1er octobre 2010 à Berlin — AFP

C’est une figure de l’histoire contemporaine allemande qui s’en est allée. L’ancien chancelier allemand Helmut Kohl est décédé ce vendredi matin à l’âge de 87 ans, a annoncé le quotidien allemand Bild.

Celui qui a été chancelier allemand de 1982 à 1998 est mort à son domicile situé à Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat), précise le journal.

Père de l’Allemagne réunifiée

Il restera dans l’histoire mondiale comme le père de l’Allemagne réunifiée, l’imposant en quelques mois aux grandes puissances et la plaçant au coeur du projet européen.

Malade et affaibli depuis plusieurs années, il s’est éteint dans sa maison. Quand à 52 ans il prend la tête, en 1982, du gouvernement de l’Allemagne de l’Ouest à la faveur d’un changement d’alliance au Parlement, il est encore l’objet de railleries pour son côté rustique et provincial et personne n’aurait parié que ce fils d’un fonctionnaire du fisc issu d’une famille de la petite bourgeoisie de Ludwigshafen entre dans la mémoire collective européenne.

La chancelière Angela Merkel a affirmé qu’Helmut Kohl, avait « changé (sa) vie de manière décisive » de par le rôle qu’il a joué dans la réunification de l’Allemagne.

« Une chance pour nous, Allemands », juge Merkel

Helmut Kohl a été « une chance pour nous, Allemands », a également jugé à Rome Angela Merkel, qui a grandi en RDA, l’Allemagne de l’Est communiste, et entamé sa carrière politique au moment de la réunification allemande de 1990.

« Comme des millions d’autres, j’ai pu passer d’une vie sous la dictature de la RDA à une vie de liberté », a insisté la dirigeante conservatrice, qui fut scientifique à Berlin-Est avant de s’engager aux côtés de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Helmut Kohl à la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989.

« Tout ce qui a suivi dans les 27 années suivantes d’hier à aujourd’hui n’aurait jamais été envisageable sans Helmut Kohl », a relevé celle que Helmut Kohl surnommait « la gamine », dans un rare hommage personnel.

« L’essence même de l’Europe »

George H.W. Bush a salué « l’un des plus grands leaders de l’Europe d’après-guerre ». Helmut Kohl était « l’essence même de l’Europe », selon Jean-Claude Juncker.

« Avec Helmut Kohl, nous perdons un très grand Européen », a réagi sur Twitter le président français Emmanuel Macron, qui a également fait part de son « émotion » dans un communiqué, soulignant que « Helmut Kohl fut l’un des grands hommes de l’Europe et du monde libre ».

Jean-Christophe Cambadélis, le patron du Parti socialiste, a salué la mémoire de l’homme politique sur Twitter.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est dit sur le même réseau social « très ému par la disparition de Helmut Kohl, père de la réunification allemande et grand Européen ».

Mathias Fekl, ancien Ministre de l’Intérieur, a présenté ses « condoléances à ses proches et à tous les Allemands », en français mais aussi en allemand.