VIDEO. Audition de James Comey: Ce tweet qui pourrait coûter cher à Donald Trump

ETATS-UNIS C'est après un message évoquant la possible existence d'enregistrements de leurs conversations que l'ex-directeur du FBI a fait fuiter son mémo dans la presse...

P.B.

— 

Un tweet de Donald Trump publié deux jours après le limogeage du directeur du FBI James Comey.

Un tweet de Donald Trump publié deux jours après le limogeage du directeur du FBI James Comey. — TWITTER

Les fameuses « Nixon tapes » ont contribué à couler le président américain lors du Watergate. Et si on a appris une chose lors de l’audition de James Comey devant le sénat, jeudi, c’est que Donald Trump pourrait bien regretter son fameux tweet menaçant du 12 mai, publié deux jours après avoir limogé son directeur du FBI. Il écrivait : « James Comey ferait bien d’espérer qu’il n’y a pas de ''tapes'' (enregistrements) de nos conversations avant de commencer à les faire fuiter dans la presse. »

>> A lire aussi : Donald Trump touché mais pas coulé après l'audition de Comey

A ce stade, on ignore si le président américain a enregistré son ex-directeur du FBI à son insu dans le bureau ovale. Mais devant la commission du sénat, mercredi, James Comey s’est exclamé : « Oh seigneur, j’espère qu’il y a des enregistrements ! » Et il a invité Donald Trump à les rendre publics : « Allez-y, ça ne me pose pas de problème. »

Un tweet qui mène à la nomination du procureur spécial

Surtout, James Comey a révélé que c’était ce tweet de Donald Trump qui l’avait poussé à demander à un ami professeur de droit de partager son mémo sur la retranscription de ses conversations avec le président américain avec le New York Times. Il dit s’être « réveillé en pleine nuit » et avoir agi ainsi pour donner sa version des faits – que Donald Trump lui a demandé de laisser tomber l’enquête sur son conseiller Michael Flynn – en « espérant que cela conduise à la nomination d’un procureur spécial ».

Et c’est exactement ce qui s’est passé : moins d’une semaine plus tard, le ministère de la Justice chargeait Robert Mueller de faire la lumière sur l’enquête russe, et de déterminer s’il y a eu collusion entre l’équipe de campagne de Trump et Moscou. Alors que James Comey s’est dit « certain » que l’enquête couvre désormais la question d’une éventuelle obstruction à la justice, le procureur pourrait demander que ces enregistrements, s’ils existent, lui soient remis, ou convoquer Donald Trump pour une déposition sous serment. Et tout cela ne serait, peut-être, pas arrivé si le président américain s’était abstenu de tweeter. Voilà qui pourrait donner un nouveau sens à cette expression biblique : celui qui vit par le tweet périra par le tweet.

Mots-clés :