GAZA- Depuis jeudi, Gaza est soumis au blocus total imposé par Israël en représailles aux tirs de roquettes palestiniens. En Europe comme au Moyen-Orient, des voix s’élèvent pour dénoncer une situation qui risque de dégénérer en crise humanitaire.
Plusieurs voix se sont élevées ce lundi pour dénoncer le blocus imposé depuis jeudi par Israël sur la bande de Gaza, qui prive le territoire de denrées essentielles, comme le carburant, les aliments ou les médicaments. Ce blocage, décidé par Israël en réponse aux tirs de roquettes palestiniens, laisse craindre une crise humanitaire d’ici quelques jours si le blocus n’est pas assoupli.
Dimanche soir, déjà, Gaza était partiellement plongée dans l’obscurité en raison de l’arrêt de l’unique centrale électrique, dont l’approvisionnement en carburant n’est plus assuré. Une situation qui menace le fonctionnement des hôpitaux comme des stations d’eau potable.
Un risque d’escalade
Face à la situation, la Commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner a critiqué une mesure qualifiée de «punition collective» infligée aux Gazaouis, risquant fort de «provoquer une escalade alors que la situation est déjà difficile». L’Europe a demandé à Tel-Aviv de «reprendre les fournitures de mazout et de rouvrir les points de passage aux marchandises comme aux livraisons à but humanitaire».
Le président égyptien Hosni Moubarak a mis en garde le Premier ministre israélien Ehoud Olmert contre l’aggravation de la situation humanitaire dans la bande de Gaza.
Des réserves de un à trois jours
Sur le terrain, un responsable de l’ONU a jugé «alarmante» la vitesse à laquelle la situation se dégrade sur ce territoire de 1,5 million d’habitants. Concernant les réserves de carburant des hôpitaux, la porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Jérusalem, Michèle Mercier, a indiqué à l’AFP qu’il y avait, à première vue, «des réserves de deux à, maximum, trois jours pour le fonctionnement de ces établissements». Les réserves de médicaments commencent elles aussi à s’épuiser.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, tout en affirmant que Tel-Aviv ne « permettra pas » une crise humanitaire à Gaza, a rappelé qu’Israël ne lui fournirait que le strict minimum aussi longtemps que le territoire serait sous contrôle des islamistes du Hamas.
De toute façon, estime un porte-parole du ministère de la Défense Shlomo Dror évoquant une «propagande» du Hamas, il n’y a «pas de crise humanitaire à Gaza». Afin de mettre fin aux tirs de roquettes palestiniens, Israël a multiplié les attaques dans la bande de Gaza depuis le 15 janvier, faisant 37 morts.
Avec agences Christina Lionnet