DIPLOMATIE – Le président colombien rencontre Nicolas Sarkozy lundi matin. Il a entamé dimanche une visite qui le conduira ensuite en Belgique, en Suisse et en Espagne…
Le président colombien Alvaro Uribe a entamé dimanche à Paris une tournée européenne pour demander le soutien de l'UE dans le dossier des otages détenus par la guérilla des Farc. Il sera reçu lundi matin par Nicolas Sarkozy, qui a fait de la
libération d’Ingrid Betancourt une priorité diplomatique et qui est opposé, comme la famille de l'otage, à toute solution militaire.
Rencontre avec le fils et l'ex-mari d'Ingrid Betancourt
Dimanche, Alvaro Uribe a rencontré Fabrice Delloye, ex-mari d’Ingrid Betancourt, son fils Lorenzo ainsi qu'Hervé Marro, porte-parole du Comité de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB), à l’ambassade de Colombie. «Je leur ai dit qu'en ce moment je demande au monde de soutenir la tâche de l'Eglise catholique qui a proposé une zone de rencontre» pour un échange d'otages contre des guérilléros, a déclaré le président colombien devant la presse à l’issue de cette rencontre.
«C'est un acte fort d'avoir été reçus par M. Uribe», a estimé pour sa part Hervé Marro. «Nous lui avons dit qu'il était impératif d'ouvrir les négociations rapidement», a-t-il ajouté, soulignant que la famille d'Ingrid Betancourt et le CSIB étaient «en dialogue avec l'Eglise».
De la manière forte à la négociation en douceur
Le président colombien, partisan de la manière forte vis-à-vis des Farc, a affirmé que son gouvernement avait fait des «efforts énormes» pour parvenir à un règlement négocié de la crise des otages.
Il a ainsi souligné qu'il avait déjà «changé» de position alors qu'il avait été élu «avec le mandat qu'il n'y aurait pas d'échange humanitaire sauf en cas de début de processus de paix avec les Farc». «Nous avons désigné des médiateurs nationaux et internationaux, nous avons libéré 152 membres des Farc en réponse à une demande du président Sarkozy, dont Rodrigo Granda», relâché en juin et considéré comme le «ministre des Affaires étrangères des Farc», a-t-il fait valoir.
Il demande leur soutien à la France, l'Espagne et la Suisse, trois pays chargés dans le passé de contacts avec la guérilla sur le dossier des otages et dont il avait rétabli samedi la mission de médiation.
Sa. C. avec agence