Attentat à Manchester: L’inquiétude des parents à la recherche de leurs enfants

GRANDE-BRETAGNE De nombreux enfants et adolescents se trouvaient dans la salle de concert, et plusieurs figurent parmi les victimes, selon la police...

M.C.

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Des fans d'Ariana Grande à Manchester, le 23 mai 2017.

Des fans d'Ariana Grande à Manchester, le 23 mai 2017. — Paul ELLIS / AFP

« Ma nièce de 6 ans était à Manchester ce soir pour le concert. Nous n’avons plus de nouvelles d’elle ni de la personne qui l’accompagnait et nous sommes fous d’inquiétude. » Sur Twitter, les messages de ce genre se multipliaient dans la nuit de lundi à mardi, écrits par des parents ou des proches de jeunes spectateurs du concert d’Ariana Grande, inquiets de ne plus avoir de nouvelles après l’explosion qui a fait au moins 22 morts et 60 blessés.

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Parmi les victimes, se trouvaient « des enfants », a déclaré un responsable de la police de Manchester lors d’une conférence de presse, sans donner plus de détails. On ignore encore combien de personnes au total assistaient au show de lundi, mais la Manchester Arena où il se déroulait peut accueillir jusqu’à 21.000 spectateurs. Beaucoup seraient des enfants et des adolescents, auprès desquels Ariana Grande est particulièrement populaire.

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« Je me demande comment les gens peuvent faire ça à des enfants innocents »

Karen Ford, qui a assisté au concert, raconte à la BBC que dehors, des parents au comble de la panique attendaient leurs enfants, consultant frénétiquement leurs smartphones pour guetter des nouvelles. L’une de ces mères, Charlotte Campbell, à la recherche de sa fille Olivia, âgée de 15 ans, est passée à la télévision pour tenter de retrouver l’adolescente, venue voir Ariana Grande avec son ami Adam, qui ne donnait plus de nouvelles lui non plus.

Sur CNN, Charlotte Campbell dit avoir parlé à sa fille pour la dernière fois lundi vers 20h30 : « C’est le pire sentiment qui soit de savoir que votre fille est là et que vous ne pouvez pas la trouver, et de ne pas savoir si elle est en vie ou non. Je me demande comment les gens peuvent faire ça à des enfants innocents. »

Malheureusement, les heures suivantes ont apporté une terrible nouvelle. Dans la nuit de mardi à mercredi, Charlotte Campbell a annoncé sur Facebook qu’Olivia figurait parmi les 22 victimes du tueur : « Repose en paix ma chère, précieuse, magnifique petite fille Olivia Campbell, partie bien trop tôt, a-t-elle écrit. Chante avec les anges et continue à sourire, ta maman t’aime tellement ». Adam, toujours en vie mais grièvement blessé, a été conduit à l'hôpital où les médecins tentaient de sauver son œil droit, touché par un projectile.

Difficile de faire la part du vrai et du hoax

Paula Robinson se trouvait avec son mardi près de la salle de concerts quand elle a entendu l’explosion et vu des dizaines d’adolescentes sortir en courant et en criant, raconte-t-elle à l’agence Reuters. « C’était juste après l’explosion, on est partis en courant. J’ai emmené les ados avec moi » vers l’hôtel Holiday Inn voisin, témoigne la femme de 48 ans, qui a publié ses coordonnées sur Twitter à l’intention des parents. Son téléphone ne s’est pas arrêté de sonner depuis, dit-elle.

Selon divers témoignages sur les réseaux sociaux, jusqu’à 50 à 60 enfants et adolescents auraient été regroupés au Holiday Inn. Comme d’autres établissements des environs, l’hôtel avait ouvert ses portes aux spectateurs du concert, leur offrant des boissons et mettant à leur disposition des chargeurs de téléphone pour qu’ils puissent contacter leurs proches.

Comme toujours sur Internet, il était néanmoins difficile de faire la part du vrai et du hoax, de différencier les tweets de proches en détresse des canulars de trolls à la recherche de sensations malsaines. Des mosaïques de photos circulaient ainsi sur les réseaux sociaux, regroupant les portraits d’enfants et d’adolescents prétendument disparus, mais dont une partie au moins n’étaient pas authentiques. « Les gens qui tweetent de faux avis de recherche et plaisantent sur la situation à Manchester me rendent malade », écrivait un utilisateur, en concluant : « Virez-les de Twitter ».