Tout s'accélère: Voici les quatre nouvelles majeures de vendredi sur l'enquête Trump-Russie

ETATS-UNIS Alors que le président américain démarre une tournée internationale, une pluie d'annonces et de fuites s'abat sur la Maison Blanche...

Philippe Berry

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Les anciens directeur du FBI Robert Mueller (gauche) et James Comey, personnages-clés dans l'enquête sur Donald Trump et la Russie.

Les anciens directeur du FBI Robert Mueller (gauche) et James Comey, personnages-clés dans l'enquête sur Donald Trump et la Russie. — Susan Walsh/AP/SIPA

Si Donald Trump espérait profiter de son premier voyage international pour oublier ses soucis, c'est raté. Alors qu'il se trouvait dans Air Force One en direction de l'Arabie Saoudite, on a eu droit à une pluie d'annonces et de fuites à propos de l'enquête sur la Russie. On sait, on sait, vous faites une overdose de l'actu sur Trump, mais tout semble s’accélérer. Voici les quatre révélations majeures de ce vendredi.

1.L'ex-patron du FBI va témoigner lors d'une audience publique

James Comey devrait avoir des choses à raconter. Limogé par Donald Trump, l'ex-directeur du FBI a accepté vendredi de témoigner devant la commission d'enquête du Sénat. L'audience se déroulera après le 29 mai, et elle sera publique. Comey devrait notamment être amené à clarifier un point central: le président américain lui a-t-il demandé de laisser tomber l'enquête sur son ex-conseiller Michael Flynn comme l'affirme le New York Times, s'appuyant sur un mémo qu'aurait rédigé le patron du FBI à l'époque pour laisser une «paper trail» (trace écrite). Les experts sont divisés, mais si c'était avéré, cela pourrait s'apparenter à de l'obstruction de justice et peser lourd si le Congrès décidait de lancer une procédure en destitution contre Donald Trump.

2.Un conseiller actuel de la Maison Blanche serait «une personne d'intérêt»

Selon des sources du Washington Post, l'enquête du FBI, qui a été reprise par un procureur spécial, considère un conseiller actuel de la Maison Blanche comme «une personne d'intérêt». Jusqu'à présent, seul des personnes liées à la campagne de Trump (le général Michael Flynn et l'ex-directeur de campagne Paul Manafort) étaient dans l'oeil du cyclone. Un journaliste de New York Magazine affirme qu'il s'agit du gendre de Donald Trump en personne, Jared Kushner, mais ce point n'avait pas été confirmé par un autre média, vendredi soir. Ce que l'on sait à l'heure actuelle: Kushner avait omis de déclarer une rencontre avec l'ambassadeur russe Sergey Kislyak; et selon la presse américaine, le gendre de Donald Trump a toujours défendu Michael Flynn et recommandé à son beau-père de limoger James Comey.

3.Trump a fait d'autres confidences au chef de la diplomatie russe

Donald Trump était déjà accusé d'avoir partagé sans s'en rendre compte une information classifiée ultra-sensible fournie par Israël avec Sergey Lavrov. Mais selon le New York Times, le président américain aurait également confié au chef de la diplomatie russe son sentiment sur James Comey: «Je viens de virer le directeur du FBI. Il était fou, un vrai dingue. Je faisais face à une grande pression à cause de la Russie. Elle s'est allégée», aurait déclaré Donald Trump, selon une retranscription de la rencontre.

4.La Maison Blanche se renseigne à propos de la procédure de destitution

«Impeachment». Le mot a été lâché par plusieurs élus démocrates cette semaine. On en est encore loin. Mais selon CNN, la Maison Blanche a demandé à ses avocats de se renseigner sur la procédure de destitution. Comme l'expliquait le professeur de sciences politiques Chris Edelson à 20 Minutes, «c'est un processus plus politique que judiciaire». En clair, il ne commencera que si les républicains, majoritaires au Congrès, décident que Donald Trump est devenu un boulet qui les tire vers le fond. C'est pour cette raison que le témoignage de James Comey, fin mai, pourrait bien être un tournant majeur. Surtout que selon le site McClatchy, l'enquête comprend désormais un volet sur une possible «cover up» (une tentative pour étouffer l'affaire») de la Maison Blanche. Et Richard Nixon ou Bill Clinton le savent bien: souvent, la dissimulation coûte plus cher que l'infraction.

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