L'ancien directeur du FBI, Robert Mueller, en 2013.
L'ancien directeur du FBI, Robert Mueller, en 2013. - Susan Walsh/AP/SIPA

Il a 72 ans, la mâchoire de Batman et la réputation d’intouchable d’Eliot Ness. Directeur du FBI pendant 12 ans entre 2001 et 2013, Robert « Bob » Mueller a été nommé mardi procureur spécial par le département américain de la Justice. Il sera chargé d’enquêter sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine, et de déterminer s’il y a eu collusion entre Moscou et la campagne de Donald Trump. Voici cinq choses à savoir sur celui qui est aujourd’hui l’homme le plus important d’Amérique.

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Il a sauvé le FBI après le 11-Septembre

Ancien soldat décoré, Robert Mueller se tourne vers une carrière d’avocat dans le privé. Il rejoint ensuite le bureau du procureur des Etats-Unis puis le ministère de la Justice. Nommé directeur du FBI par George W. Bush, il est confirmé à l’unanimité par le Sénat. Une semaine après sa prise de fonctions, les Etats-Unis sont frappés par le 11-septembre. Mueller est crédité pour avoir sauvé le « bureau », que certains appelaient à démanteler, et pour l’avoir modernisé autour du renseignement, notamment en triplant le nombre d’analystes. Après dix ans sous Bush, Obama lui a demandé de prolonger exceptionnellement son mandat de deux ans.

Il a tenu tête à Bush sur l’espionnage de la NSA

Quand George W. Bush a tenté de faire admettre au département de la Justice que le programme secret Stellar Wind, via lequel la NSA a espionné des Américains, était légal, Mueller a rédigé sa lettre de démission. Finalement, Bush a fait machine arrière, raconte Time Magazine, dans un long portrait de 2011.

C’est un proche de James Comey

Les deux hommes se connaissent de longue date. Pendant que Robert Mueller était directeur du FBI, James Comey était le ministre adjoint de la Justice de George W. Bush. Et c’est Mueller qui a appuyé la candidature de Comey pour lui succéder à la fête du FBI.

L'ancien directeur du FBI, Robert Mueller (gauche), passe la main à son successeur, James Comey, en 2013.
L'ancien directeur du FBI, Robert Mueller (gauche), passe la main à son successeur, James Comey, en 2013. - SIPANY/SIPA

Il aime prendre des notes

Comme James Comey, Bob Mueller a la réputation de tout documenter. Lors du clash autour du programme de la NSA, un avocat de la Maison Blanche tente d’obtenir la signature du ministre de la Justice sur son lit d’hôpital, mais Mueller et Comey arrivent juste à temps pour l’en empêcher. Lors de l’audition devant le Congrès, la Maison Blanche affirme que le ministre était lucide. Mais les notes de Mueller contredisent ce point, parlant d’un patient « faible et à peine cohérent ». Ironie de l’affaire, dans son rôle de procureur spécial, Robert Mueller sera sans doute amené à consulter les mémos rédigés par James Comey sur ses conversations avec Donald Trump. Et dans le droit américain, ces « contemporaneous notes » prises par un agent du FBI sont souvent considérées comme des « preuves crédibles » du contenu d’une conversation.

Il fait l’unanimité

Contrairement au procureur spécial Kenneth Starr, Némésis de Bill Clinton, Robert Mueller n’est pas 100 % indépendant du ministère de la Justice – et donc de la Maison Blanche – car les statuts ont changé depuis. Sur le papier, il peut devoir rendre des comptes ou même être limogé. Mais selon le blog LawFare, « Mueller a un tel statut que toute tentative pour le contrôler provoquerait un tollé ». C’est pour cette raison que sa nomination est applaudie de tous les côtés au Congrès, de Bernie Sanders jusqu’à Marco Rubio. Le démocrate Chuck Schumer fait confiance à Mueller pour « faire toute la lumière » sur l’affaire. Eric Holder, ministre de la Justice sous Barack Obama, salue un « excellent choix » d’un homme « incorruptible ». Et, dans le chaos actuel, quasi-providentiel.

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