Les violences se poursuivent au Kenya, trois semaines après la réelection de Mwai Kibaki. Deux personnes ont été tuées par balle et plusieurs blessées par la police ce mercredi à Kisumu, dans l'ouest du Kenya, lors d'une manifestation de l'opposition, a-t-on appris auprès de la police.
La police a également blessé trois manifestants à Nairobi, tandis que les forces de l'ordre tentaient de contenir plusieurs manifestations dans la capitale et en province.
Appel à manifester inégalement suivi
Le chef de l'opposition, Raila Odinga, a maintenu son appel aux manifestations qu'il a annoncées pour mercredi, jeudi et vendredi, et qui ont été interdites par la police.
«Rien ne nous empêchera d'organiser de telles manifestations. Nous poursuivrons jusque dans la ville», a déclaré le candidat malheureux à la présidentielle, lors d'une conférence de presse à Nairobi.
A la mi-journée, cet appel était inégalement suivi dans le pays, quelques rassemblements étant signalés notamment dans l'ouest, fief de l'opposition. Ainsi à Eldoret, un millier de manifestants étaient rassemblés au centre-ville, alors que des milliers d'autres convergeaient vers l'agglomération.
L'élection de Kenneth Marende au perchoir, d'une courte avance de quatre voix sur le candidat du camp présidentiel, avait été saluée par des clameurs dans les villes d'Eldoret et de Kisumu.
Appe des Etats-Unis à la réunion
Les Etats-Unis ont «applaudi» mardi soir cette élection, estimant qu'elle «montre aux deux parties qu'elles peuvent et doivent se réunir».
De son côté, le gouvernement kényan a assuré ce mercredi que les médiateurs africains étaient les bienvenus, bien loin de ses précédentes prises de position, quand il estimait que la crise kényane ne nécessitait pas de médiation internationale.