Hollande, Merkel et un dîner pour se dire adieu

ADIEU Entre les attentats, les sommets européens, la crise grecque et les négociations sur l’Ukraine, les deux chefs d’États n’ont cessé de collaborer pendant cinq ans…

Manon Aublanc avec AFP

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La chancelière allemande, Angela Merkel et le président français, François Hollande à la Chancellerie à Berlin lors de leur «dîner d'adieu», le 8 mai 2017.

La chancelière allemande, Angela Merkel et le président français, François Hollande à la Chancellerie à Berlin lors de leur «dîner d'adieu», le 8 mai 2017. — John MACDOUGALL / AFP

Le 15 mai 2012, François Hollande, au soir même de son investiture, rencontrait pour la première fois Angela Merkel à Berlin. Cinq ans plus tard et sur le point de quitter le pouvoir, il l’a retrouvée ce lundi pour un dîner d’adieu dans la capitale allemande.

« La chancelière voulait saluer ce que nous avions fait ensemble lors de la crise de l’euro, sur la Grèce, l’Ukraine ou le climat, autant d’événements qui nous avaient considérablement rapprochés », a confié le président sortant à l’AFP dans le Falcon qui le ramenait à Paris. Un « dîner amical », a-t-il noté, en tête-à-tête avec leurs deux interprètes pour seuls témoins au Paris-Moskau, un établissement situé à quelques encablures de la chancellerie fédérale.

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« Nous nous sommes battus ensemble »

Les deux dirigeants, a poursuivi François Hollande, ont entretenu ces dernières années « une relation de confiance qui a pu être affectueuse dans des conditions dramatiques », se rencontrant à d’innombrables reprises, à l’occasion des sommets européens, du G7 ou du G20, dans les heures sombres des attentats jihadistes de 2015 où à Minsk pour une interminable nuit de négociations sur l’Ukraine restée dans les annales.

« J’ai travaillé avec plaisir avec François Hollande », a-t-elle déclaré ce lundi lors d’une conférence de presse, relevant que même s’ils venaient de « familles politiques très différentes », ils avaient « construit une confiance mutuelle ». « Nous nous sommes battus ensemble » et « nous pouvions et pouvons compter l’un sur l’autre », notamment pour la paix en Ukraine, a-t-elle insisté.

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Des moments clés pour la relation Merkel-Hollande

La soirée du 15 mai 2012 était restée dans toutes les mémoires quand l’avion présidentiel, frappé par la foudre peu après son décollage de la base aérienne de Vélizy-Villacoublay, dans le sud de Paris, avait fait promptement demi-tour. Mais François Hollande avait redécollé peu après pour la capitale allemande. Puis il y avait eu ce nouvel accroc : à deux reprises, Angela Merkel l’avait rattrapé par le bras alors qu’il marquait des hésitations sur le tapis rouge de la chancellerie.

Par la suite cependant, leur relation a pris une tout autre dimension avec un tournant :les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement des troupes alliées, le 6 juin 2014. Ils avaient alors organisé la première rencontre entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko, depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, amorçant une détente entre les belligérants. « Il y a eu un avant et un après » Normandie, relève l’entourage du président.

D’autres images ont marqué ce couple franco-allemand comme celle de la chancelière posant son front sur la tête du président français dans un geste d’affection qui s’adressait, au-delà de lui,à la France tout entière après l’attentat contre Charlie Hebdo. Il y eut aussi le survol à bord du même hélicoptère du site des Alpes françaises où s’était crashé un Airbus de la compagnie Germanwings précipité au sol par son copilote, avec ses 150 occupants.