Etats-Unis: La Russie aurait pu faire chanter un influent conseiller de Trump, selon une ex-ministre

ETATS-UNIS L'ancienne ministre de la Justice par intérim s'exprimait pour la première fois publiquement depuis son éviction du gouvernement Trump le 30 janvier...

M.C. avec AFP

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Donald Trump au téléphone avec Vladimir Poutine, en présence de Michael Flynn, le 28 janvier 2017.

Donald Trump au téléphone avec Vladimir Poutine, en présence de Michael Flynn, le 28 janvier 2017. — MANDEL NGAN / AFP

  • Michael Flynn, ancien premier directeur à la sécurité nationale, a été poussé à la démission après la révélation de contacts répétés avec l'ambassadeur russe
  • L'ancienne ministre de la Justice par intérim Sally Yates a confirmé avoir averti la Maison Blanche du risque d'un «chantage» de Moscou
  • Sur Twitter, Donald Trump dénonce un «canular complet»

L’ombre menaçante du dossier russe continue de planer sur la présidence de Donald Trump. Une ancienne ministre américaine a confirmé lundi, devant une commission parlementaire enquêtant sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine, avoir averti la Maison Blanche du risque d’un « chantage » de Moscou sur le premier directeur à la sécurité nationale.

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« Nous pensions que le général [Michael] Flynn était compromis vis-à-vis des Russes », a déclaré l’ancienne ministre de la Justice par intérim Sally Yates, devant la commission de la justice du Sénat, dans le cadre d’une enquête qualifiée lundi soir par Donald Trump de « mascarade ».

« Les Russes pouvaient faire chanter le conseiller à la sécurité nationale »

Michael Flynn a été poussé à la démission le 13 février après la révélation de contacts répétés avec l’ambassadeur russe à Washington avant et après l’élection, et ses déclarations inexactes au vice-président Mike Pence à ce sujet.

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« Cela posait un problème parce que nous pensions que les Russes étaient non seulement au courant (du fait que Michael Flynn avait menti à Mike Pence) mais qu’ils avaient aussi probablement des preuves », a expliqué l’ancienne numéro deux du ministère de la Justice, nommée par l’ancien président Barack Obama. « Et cela créait une situation compromettante, une situation où en gros les Russes pouvaient faire chanter le conseiller à la sécurité nationale » des Etats-Unis, a-t-elle relevé.

Mais la haute fonctionnaire, qui s’exprimait aux côtés de l’ancien directeur du renseignement James Clapper, n’a pas fait de révélations fracassantes, rappelant à plusieurs reprises être tenue par le secret d’informations classifiées.

Trump nie en bloc sur Twitter

« Les histoires de collusion Russie-Trump sont un canular complet », a réagi le milliardaire lundi soir dans une série de tweets commentant cette audition de trois heures. « Quand cette charade aux frais du contribuable s’arrêtera-t-elle ? », a-t-il ajouté, visiblement agacé par les enquêtes en cours au Sénat, à la Chambre des représentants et au FBI sur une éventuelle « coordination » entre certains de ses proches et Moscou.

Cette ingérence russe dans l’élection américaine a été révélée par les agences américaines du renseignement début octobre. Donald Trump s’est défaussé lundi matin sur son prédécesseur, expliquant - toujours via Twitter - que « le général Flynn avait obtenu les accréditations de sécurité par l’administration Obama ».

« Demandez à Sally Yates, sous serment, si elle sait comment une information classifiée est sortie dans la presse peu après qu’elle l’a expliquée à la Maison Blanche », avait-il poursuivi, apparemment toujours plus indigné par la fuite elle-même que par son contenu.

La semaine dernière, il avait déjà rejeté l’accusation d’orchestration par les Russes du piratage du parti démocrate pour l’avantager, assurant par exemple qu’il « aurait pu s’agir de la Chine, cela aurait pu être beaucoup d’autres groupes ».

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Les Russes « sont encouragés à continuer ces activités » de piratage

Lors de sa première rencontre avec Donald Trump dans le Bureau ovale quelques jours après l’élection, Barack Obama avait conseillé à son successeur de ne pas embaucher Michael Flynn. Il l’a notamment mis en garde « en raison du comportement de Flynn en tant que patron de la DIA », agence de renseignement militaire où il avait été nommé en 2012, a affirmé à l’AFP un ex-responsable de l’administration Obama sous couvert d’anonymat.

Sally Yates s’exprimait pour la première fois publiquement depuis son éviction du gouvernement Trump le 30 janvier, quand elle s’est opposée au décret migratoire présidentiel. Elle a assuré avoir averti la Maison Blanche les 26 et 27 janvier du risque de chantage sur Michael Flynn. Il a démissionné 18 jours plus tard.

De son côté, James Clapper a appelé devant la commission sénatoriale à la « vigilance et à l’action face à ce qui menace les fondations mêmes de notre système politique démocratique ». Les Russes « sont désormais encouragés à continuer ces activités » de piratage et de campagne de désinformation « à la fois ici et dans le monde, et à le faire plus intensément encore », a-t-il estimé.