Attentat de Beyrouth: «Les Syriens ont voulu frapper très fort»

8 contributions
Publié le 15 janvier 2008.

LIBAN — Interview d’Antoine Sfeir, spécialiste du Proche-Orient après l’attentat antiaméricain de Beyrouth…

Interview d’Antoine Sfeir, directeur des «Cahiers de l’Orient» et spécialiste du Proche-Orient après l’attentat antiaméricain de Beyrouth qui a coûté la vie à quatre personnes.
 
Comment expliquer l’attentat de mardi à Beyrouth?


Il intervient alors que la Ligue arabe a proposé l’élection «immédiate» du chef de l’armée libanaise, Michel Sleimane, comme président de la République. Un gouvernement issu de la majorité anti-syrienne du Parlement est également possible. Les Français et les Américains mettent une grosse pression en faveur de cette solution. Cet attentat est une réponse du camp syrien qui se retrouve chassé du pouvoir. La Syrie et ses exécutants libanais et palestiniens ont voulu frapper très fort mais ont raté leur coup puisque ce sont des civils libanais qui ont été tués. S’attaquer à un convoi est pourtant plus facile que s’en prendre à l’ambassade américaine de Beyrouth, extrêmement surveillée.
 
Quel est l’intérêt du camp syrien de s’en prendre directement aux Américains?

Damas est acculé et a besoin d’oxygène. Les discussions engagées avec les Américains à Annapolis et les Français n’ont pas abouti. L’attaque est d’autant plus symbolique que George Bush se trouve dans la région. C’était le «bon moment» de s’en prendre aux intérêts américains.
 
Quelle réaction américaine est à prévoir?

Washington ne va pas laisser passer un tel acte. Le Hezbollah est dans le collimateur car un attentat comme celui-ci ne peut avoir lieu sans son feu vert ou au moins sa neutralité. S’attaquer au Hezbollah permettra aux Etats-Unis de montrer qu’il n’est pas possible de s’en prendre aux intérêts occidentaux impunément. Une nouvelle confrontation au printemps entre la milice chiite et Israël est donc à prévoir.
 
Les récentes menaces de George Bush contre l’Iran peuvent-ils également expliquer l’attentat?

Non, le Hezbollah a beau être le bras armé de Téhéran, sa situation interne au Liban, où il est de plus en plus contesté, ne lui permet pas d’agir pour le compte de l’Iran. Le Hezbollah a bien trop à faire sur la scène politique intérieure.
Propos recueillis par Alexandre Sulzer
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Informatique
1399 €
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr