Plus de 7 000 tonnes d'ordures étaient toujours accumulées hier à Naples (sud de l'Italie), une semaine après l'annonce d'un plan d'action gouvernemental et un début d'évacuation des déchets. Première conséquence de la crise, les maires de plusieurs communes de la région de Campanie, envahies par les ordures, ont fermé les écoles hier pour une durée indéterminée, obligeant près de 100 000 enfants à rester chez eux.
Naples et sa périphérie sont régulièrement envahies par les ordures depuis 1994, en raison du dysfonctionnement chronique des centres de traitement des déchets et de la saturation des décharges. Une situation qui s'explique en grande partie par l'infiltration de la mafia napolitaine, la Camorra, dans le juteux marché du recyclage des déchets.
Des centaines de tonnes d'ordures ont commencé à être acheminées jeudi vers d'autres régions d'Italie, notamment en Sardaigne, mais l'évacuation des dizaines de milliers de tonnes de déchets accumulés dans toute la Campanie prendra plusieurs semaines, selon les observateurs. Le processus est en outre ralenti par des manifestations de riverains contre l'accueil par leur région des déchets de Campanie. En Sardaigne, huit policiers ont ainsi été blessés et sept personnes arrêtées dans la nuit de vendredi à l'issue d'affrontements entre la police et les manifestants. Des manifestations hostiles à l'arrivée de déchets ont également eu lieu en Sicile et dans les Pouilles.