Le Kenya se préparait hier soir à vivre une probable troisième semaine de troubles. L'opposition, qui dénonce les résultats de l'élection présidentielle du 27 décembre, a appelé, à partir de demain, à trois jours de manifestations. Elles ont immédiatement été interdites par la police. De son côté, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a demandé aux autorités de « désamorcer la tension en autorisant les manifs prévues ». Mais, hier soir, l'appel restait toujours lettre morte.
Depuis l'annonce officielle, le 30 décembre, de la victoire du chef de l'Etat sortant Mwai Kibaki à l'élection présidentielle, le Kenya est plongé dans une crise majeure : « plus de 700 personnes » ont été tuées, selon un bilan fourni par un haut responsable de la police, qui a requis l'anonymat. Les affrontements, qui opposent partisans de l'opposition et du pouvoir, manifestants contre policiers, ont culminé la première semaine de janvier. Depuis, la situation est calme, mais reste extrêmement tendue.
En prévision d'éventuels troubles, la population faisait des provisions ce week-end, notamment dans la capitale Nairobi. « Je fais des courses, au cas où on ne pourrait pas acheter la semaine prochaine », expliquait le client d'un supermarché. Nommé médiateur de la crise, l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, est attendu dans les prochains jours. L'Union européenne et Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, lui ont apporté leur soutien.