Le directeur du FBI James Comey lors d'une audition au Sénat américain, le 3 mai 2017.
Le directeur du FBI James Comey lors d'une audition au Sénat américain, le 3 mai 2017. - Jeff Malet/NEWSCOM/SIPA

L’idée qu’il ait pu influencer l’élection présidentielle américaine « le rend malade », mais il défend sa décision. Quelques heures après les accusations d’Hillary Clinton, le patron du FBI a assumé mercredi sa décision de rouvrir une enquête sur l’ex-candidate démocrate à quelques jours du scrutin de novembre dernier.

>> A lire aussi : Sans les piratages russes et le FBI, «je serais présidente», affirme Hillary Clinton

James Comey a préféré pointer du doigt le site WikiLeaks, devenu le « relais » de la Russie, accusée par les agences américaines de renseignement d’ingérence dans cette campagne et représentant « la plus grave menace » pour les Etats-Unis, selon lui.

A moins de deux semaines du scrutin, la police fédérale avait rouvert une enquête sur les emails privés d’Hillary Clinton après la découverte, fin octobre, de nouveaux messages de l’ancienne secrétaire d’Etat sur l’ordinateur d’Anthony Weiner, l’ex-mari d’une de ses collaboratrices.

« La dissimulation aurait été catastrophique »

James Comey a expliqué mercredi lors d’une audition au Sénat qu’il s’est alors trouvé face à un dilemme : soit dissimuler cette découverte jusqu’après l’élection du 8 novembre, soit en informer les parlementaires. « Parler n’était vraiment pas bien. Il y avait une élection dans 11 jours », a-t-il rappelé. Mais « la dissimulation aurait été catastrophique », selon lui. « L’idée que nous avons pu avoir un impact sur l’élection me rend assez malade, mais honnêtement cela n’aurait pas changé la décision », a fait valoir le chef du FBI.

>> Piratage des e-mails de la campagne Clinton: Les dégâts d'une simple faute de frappe

Le 28 octobre, James Comey avait annoncé au Congrès que ses enquêteurs avaient trouvé de nouveaux messages d’Hillary Clinton justifiant une relance des investigations, closes au mois de juillet précédent. Ce n’est que deux jours avant le scrutin que le patron du FBI annoncera n’avoir finalement rien trouvé qui justifierait une inculpation.

James Comey a défendu sa décision mercredi. « J’ai pendant toute ma carrière suivi la tradition selon laquelle, si vous pouvez éviter toute action lors d’une campagne électorale qui pourrait avoir un impact [sur le scrutin], vous l’évitez ». Mais « même avec le recul, […] je prendrais la même décision », a-t-il conclu.

« WikiLeaks devient un site de renseignement version porno »

Il s’en est cependant pris avec virulence au site WikiLeaks, accusé par les services américains d’avoir diffusé pendant la campagne des emails du parti démocrate piratés par la Russie, qui ont contribué à discréditer la démocrate.

Alors que le FBI enquête actuellement sur une éventuelle « coordination » entre des proches de Donald Trump et des responsables russes pendant la campagne américaine, James Comey a estimé que la Russie représentait « la plus grande menace d’un pays sur Terre, étant donné ses intentions et ses capacités ».

En publiant des emails du parti démocrate ou des méthodes de piratage de la CIA, WikiLeaks « devient simplement un relais des services russes de renseignement ou d’autres ennemis des Etats-Unis, diffusant des informations pour nuire aux Etats-Unis », a-t-il déclaré. « Ça dépasse les bornes quand [WikiLeaks], qui voulait éduquer l’opinion, devient un site de renseignement version porno », a dénoncé James Comey. « Nous sommes tous d’accord qu’il n’y a rien de "journalistique" dans ces agissements », a-t-il estimé.

Mots-clés :