Hillary Clinton à New York, le 6 avril 2017.
Hillary Clinton à New York, le 6 avril 2017. - Mary Altaffer/AP/SIPA
  • L'ancienne candidate accuse le directeur du FBI, Vladimir Poutine et Wikileaks de lui avoir volé la victoire.
  • Selon elle, la fuite d'emails démocrates a été organisée pour contrer le bad buzz d'une vidéo salace de Donald Trump.
  • Hillary Clinton pense qu'elle aurait été élue si l'élection avait eu 10 jours plus tôt

« Si l’élection avait eu lieu le 27 octobre [2016], je serais votre présidente ». Hillary Clinton est loin d’avoir digéré sa défaite face à Donald Trump, le 8 novembre dernier. Mardi, l’ancienne candidate démocrate à la présidentielle américaine a livré son interprétation la plus claire à ce jour de ce scrutin perdu de justesse contre le milliardaire, accusant le directeur du FBI James Comey, Vladimir Poutine et Wikileaks de lui avoir volé une victoire quasi acquise.

« J’étais sur le chemin de la victoire jusqu’à ce que la lettre de Jim Comey le 28 octobre et le Wikileaks russe créent le doute dans la tête des gens qui penchaient en ma faveur, et qui ont fini par prendre peur », a déclaré l’ancienne candidate à New York, interrogée par une journaliste lors d’un événement de l’ONG Women for Women International.

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Diffusion d’emails piratés pour contrer une vidéo salace

Début avril, elle s’était dite certaine que la misogynie avait « joué un rôle », et avait évoqué le double effet négatif de James Comey et des fuites de messages privés sur Wikileaks. Mais c’est la première fois qu’elle expliquait en longueur son interprétation du résultat de l’élection.

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Hillary Clinton a remonté le temps jusqu’au 7 octobre, un mois avant le scrutin. Ce vendredi après-midi là, le Washington Post divulguait une vidéo de Donald Trump se vantant en 2005 d’attraper les femmes « par la chatte ». La vidéo faisait l’effet d’une bombe. Mais dans la demi-heure, des milliers de messages Gmail du président de son équipe de campagne, John Podesta, étaient publiés par le site Wikileaks. Depuis, on a appris que des hackers liés au renseignement russe avaient piraté la messagerie des mois auparavant.

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« Quelle coïncidence », a ironisé Hillary Clinton, insinuant que la fuite avait été orchestrée pour atténuer l’impact de la vidéo salace sur la campagne républicaine. Ces messages, dont des dizaines de milliers seront distillés jusqu’à l’élection, racontaient les coulisses et machinations de la campagne démocrate, alimentant la presse et brouillant son message. Y figurait notamment le texte de discours d’Hillary Clinton à Wall Street, qu’elle avait obstinément refusé de publier.

« J’assume absolument ma responsabilité personnelle »

Puis, le 28 octobre, le directeur du FBI annonçait au Congrès que ses enquêteurs avaient trouvé de nouveaux messages justifiant une relance des investigations closes au mois de juillet précédent sur les emails de l’ancienne secrétaire d’Etat, remettant à la une cette affaire. Ce n’est que deux jours avant le scrutin que James Comey annoncera n’avoir finalement rien trouvé d’incriminant.

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« Ai-je fait des erreurs ? Mon Dieu, oui », a dit Hillary Clinton mardi, promettant une « confession » et une « demande d’absolution » dans un livre à l’automne. « J’assume absolument ma responsabilité personnelle. La candidate, c’était moi ». « Mais la raison pour laquelle nous avons perdu se trouve dans les événements des dix derniers jours » de la campagne, a-t-elle poursuivi, martelant que le vote anticipé, les sondages et les remontées de terrain la montraient gagnante jusqu’à fin octobre.

La « haine tenace » de Vladimir Poutine

Reprenant les conclusions de l’administration Obama, elle a accusé le président russe Vladimir Poutine, supposé entretenir une haine tenace à son égard depuis qu’elle a critiqué le déroulement d’élections russes en 2011. « Quand vous regardez mon adversaire et les déclarations de sa campagne, ils se sont assez coordonnés avec les objectifs du leader dont je tairai le nom », a-t-elle dit, sans aller jusqu’à directement accuser les deux présidents de collusion.

Des déclarations qui risquent de renforcer son image de mauvaise perdante, alors qu’une partie des démocrates estime que c’est bien sa stratégie électorale, peu focalisée sur les classes populaires blanches, qui est en cause.

« L’histoire Trump/Russie était une excuse utilisée par les démocrates pour justifier leur défaite électorale », a tweeté mardi soir Donald Trump, « peut-être que Trump a simplement fait une super campagne ? ».

Le président américain a également estimé qu’Hillary Clinton l’avait échappé belle avec le choix du FBI de ne pas engager de poursuites pénales à propos de l’affaire de ses emails. « Le directeur du FBI Comey était la meilleure chose qui soit jamais arrivée à Hillary Clinton en lui accordant un blanc-seing pour de nombreuses mauvaises actions ! (…)», a-t-il encore tweeté.

« Ce n’est jamais de sa faute », a tweeté l’élu républicain Jeff Duncan.

Donald Trump a souvent dit que les démocrates utilisaient la tentative d’ingérence russe comme une excuse pour masquer leur humiliation dans les urnes. Mais Hillary Clinton n’a aucune intention de s’effacer. « Je suis de nouveau une citoyenne active, membre de la résistance », a-t-elle lancé.

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