Angela Merkel et Theresa May s'affrontent sur le Brexit

UNION EUROPEENE Une réunion préparatoire a eu lieu ce jeudi à Bruxelles…

Manon Aublanc avec AFP

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Angela Merkel et Theresa May à Bruxelles, le 9 mars 2017.

Angela Merkel et Theresa May à Bruxelles, le 9 mars 2017. — OLIVIER HOSLET / POOL / AFP

La chancelière allemande et la Première ministre britannique se sont affrontées sur le Brexit ce jeudi, Angela Merkel prévenant les Britanniques de n’attendre aucune mansuétude dans les négociations tandis que Theresa May accusait les Européens de « s’unir contre » son pays.

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« Un pays tiers ne bénéficiera pas des mêmes droits, ou de droits plus avantageux, qu’un pays membre » de l’Union européenne, a dit Angela Merkel devant les députés allemands, à deux jours d’un sommet de l’UE sans le Royaume-Uni qui doit fixer ses positions de négociations. « Peut-être pensez-vous que tout ceci est évident, mais je dois malheureusement le dire aussi clairement car j’ai le sentiment que certains en Grande-Bretagne se font encore des illusions à ce sujet », a ajouté Angela Merkel, au lendemain d’une rencontre à Londres entre Mme May et des responsables européens.

Le Royaume-Uni n’aura pas les mêmes avantages, prévient Merkel 

Dans la soirée, Theresa May a réagi en accusant les 27 autres États membres de l’UE de « s’unir contre » son pays. « Les négociations vont être difficiles », a-t-elle lancé à l’adresse des électeurs britanniques à Leeds (nord de l’Angleterre), en pleine campagne électorale pour des législatives anticipées qu’elle a convoquées pour le 8 juin. Theresa May cherche à élargir sa majorité conservatrice au Parlement – où elle dispose de 17 sièges d’avance actuellement — assurant qu’elle sera ainsi dans une position plus forte pour négocier avec Bruxelles et les 27.

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Une réunion préparatoire au sommet, avec les ministres des Affaires européennes des 27, a eu lieu ce jeudi à Luxembourg. Objectif, afficher un front uni face à Londres, qui pourrait être tenté de jouer sur les intérêts parfois divergents entre pays européens. Selon un projet de texte pour le sommet européen que l’AFP a pu consulter, l’UE entend se concentrer sur la défense des droits des citoyens (de l’UE résidant au Royaume-Uni et des Britanniques établis dans le reste de l’UE), sur les engagements financiers pris par Londres auprès de l’UE ou encore sur leur future relation commune. Considérée comme la dirigeante européenne la plus influente du moment, Angela Merkel s’est efforcée de faire preuve de fermeté avant des négociations qu’elle prévoit « difficiles ». Croire que le Royaume-Uni pourrait obtenir des avantages équivalents, après sa sortie, à ceux dont il bénéficie aujourd’hui « serait du temps perdu », a-t-elle insisté à Berlin.