D'immenses palissades entourent l'ensemble du quartier, proche du centre-ville de Liverpool. A perte de vue, sur 17 hectares, des grues s'élèvent, pour ce qui est aujourd'hui le plus grand chantier urbain d'Europe. D'ici à l'automne prochain, deux centres commerciaux, deux hôtels et 150 000 mètres carrés de surfaces commerciales vont voir le jour.
Le chantier de « Liverpool One », surnom donné au quartier, symbolise le nouveau visage de Liverpool. Après des décennies de déclin industriel, la ville natale des Beatles vit actuellement une transition accélérée, couronnée par le titre de ville européenne de la culture 2008, dont les cérémonies d'ouverture se déroulent ce week-end.
Les signes de renaissance sont partout : au centre-ville, de vieux bâtiments abandonnés se sont transformés en bars branchés ; le long de la rivière Mersey, les hangars en déshérence de l'ancien port ont été convertis en musée ; plusieurs hautes tours à l'architecture osée ont récemment vu le jour, pour recevoir bureaux et logements luxueux. Seul problème : l'ensemble donne l'impression d'un immense chantier. « Les gens espéraient que les travaux seraient finis le 1er janvier pour célébrer la capitale de la culture, explique John Brown, porte-parole de la mairie. Mais ce serait donner une fausse image de la ville : nous sommes en transition, nous rattrapons notre retard. »
Le renouveau de Liverpool a commencé au milieu des années 1990, avec la conjonction de deux facteurs. L'économie britannique a connu une forte période de croissance, et Liverpool en a profité pour diviser par deux son taux de chômage. Et quelque 800 millions d'euros ont été injectés par Bruxelles, au titre de soutien à l'une des régions les plus pauvres d'Europe. « On a soudain vu une explosion de nouvelles constructions, explique Andrew Campbell, vice-rédacteur en chef de Liverpool Echo, le quotidien local. Actuellement, Liverpool est comme un puzzle : certains quartiers ont été rénovés, d'autres pas encore, mais les différentes pièces sont en train de s'emboîter les unes dans les autres. »