Les Etats-Unis envoient un porte-avions et sa flotte vers la péninsule coréenne

ETATS-UNIS Washington réagit à la menace nucléaire posée par Pyongyang...

M.C. avec AFP

— 

Le porte-avions USS Carl Vinson et sa flotte, le 28 mars 2017.

Le porte-avions USS Carl Vinson et sa flotte, le 28 mars 2017. — MCS 3rd Class Matt BROWN / US NAVY / AFP

Les Etats-Unis continuent à montrer leurs muscles. Moins de deux jours après avoir frappé une base aérienne syrienne pour punir le régime Assad d’une attaque chimique présumée, Washington a envoyé samedi un porte-avions américain et sa flotte vers la péninsule coréenne.

>> A lire aussi : Les frappes américaines en Syrie, «un acte d'agression intolérable» pour la Corée du Nord

« Le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS Carl Vinson d’être à disposition et présent dans l’ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution », a déclaré le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, le commandant Dave Benham, en précisant que « la menace numéro un dans la région reste la Corée du Nord, en raison de son programme de missiles irresponsable, déstabilisateur et imprudent, et de la poursuite [de ses recherches] en vue de disposer d’armes nucléaires. »

Un missile nucléaire capable de frapper le sol américain d’ici moins de deux ans ?

Ce groupe comporte le porte-avions Carl Vinson, de la classe des porte-avions Nimitz, son escadron aérien, deux destroyers lanceurs de missiles et un croiseur lanceur de missiles. Alors qu’il devait initialement aller faire escale en Australie, il a pris la route du Pacifique ouest depuis Singapour.

>> A lire aussi : A l'ONU, Moscou accuse, Washington menace

La Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et les images satellites décortiquées par les experts de « 38 North » suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un sixième essai. Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d’un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d’ici moins de deux ans.

Jeudi et vendredi, Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont longuement discuté en Floride, dans la résidence privée du nouvel hôte de la Maison-Blanche, et celui-ci aurait demandé à son visiteur de faire pression sur Kim Jong-un pour que celui-ci cesse son programme d’armement nucléaire.

Un message clair à destination de Pyongyang

Le président américain a cependant d’ores et déjà menacé le régime de Pyongyang d’une action unilatérale, et cette menace paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée jeudi soir sur la base aérienne syrienne d’où auraient décollé les avions syriens supposés responsables de l’attaque chimique présumée contre le village de Khan Cheikhoun mardi.

Samedi, la Corée du Nord a qualifié cette attaque américaine en Syrie d'« acte d’agression intolérable ». « La réalité d’aujourd’hui montre que nous devons exercer pouvoir contre pouvoir, et cela prouve plus d’un million de fois que notre décision de renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix », a ajouté un porte-parole non identifié du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle KCNA. Selon plusieurs analystes, ces frappes américaines en Syrie constituaient en fait aussi un message clair à destination de Pyongyang.