Mexique: Un journal cesse complètement son activité après l’assassinat d’une de ses journalistes

MEDIAS Le Mexique est le troisième pays le plus dangereux après la Syrie et l’Afghanistan…

Manon Aublanc avec AFP

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Un homme montre le dernier exemplaire du quotidien «Norte de Ciudad Juarez», le 2 avril 2017, qui a décidé de fermer après l'assassinat d'une de ses journalistes.

Un homme montre le dernier exemplaire du quotidien «Norte de Ciudad Juarez», le 2 avril 2017, qui a décidé de fermer après l'assassinat d'une de ses journalistes. — STR / AFP

Le quotidien mexicain Norte de Ciudad Juarez, dont une journaliste a été assassinée fin mars, a décidé de fermer son édition en ligne pour raisons de sécurité, quelques jours après avoir renoncé à sa version papier.

Le journal « ferme son site en l’absence de garanties pour exercer un journalisme critique et de contrepoids », a-t-il annoncé mardi soir sur sa page internet. « Les agressions mortelles contre les journalistes et l’impunité (de leurs auteurs) nous empêchent de poursuivre librement notre travail », avait écrit ce dimanche Oscar Cantu, le directeur du journal diffusé dans la ville de Ciudad Juarez (nord), dans un éditorial intitulé « Adios ! ».

>> A lire aussi : En 2016, 57 journalistes ont été tués dans le monde, dont 19 en Syrie

Le crime avait soulevé une vague d’indignation

L’une de ses journalistes, Miroslava Breach, 54 ans, qui collaborait également au quotidien national La Jornada, a été abattue par un tireur devant chez elle dans l’Etat de Chihuahua (nord), au moment où elle s’apprêtait à accompagner son fils à l’école. Le crime a soulevé une vague d’indignation au Mexique et auprès des organisations de défense de la liberté d’expression. « Je ressens une tristesse très grande, mais ce n’est pas possible… C’est très décourageant que nous signalions des choses, que nous les révélions au grand jour, et que rien ne se passe », a confié ce mardi soir à l’AFP Oscar Cantu, 67 ans, dont le journal avait été créé il y a 27 ans.

« Je n’envisage pas de mettre en danger plus de collaborateurs », a-t-il ajouté, expliquant que la décision de fermer le quotidien était aussi liée à des problèmes financiers. Le Mexique, troisième pays le plus dangereux au monde pour les journalistes après la Syrie et l’Afghanistan, a connu en mars une augmentation spectaculaire de la violence contre la presse dans un contexte d’impunité croissante. En 2016, un record a été atteint avec 11 journalistes tués, selon l’ONG Articulo 19.