Attentat à Londres: Pourquoi le policier tué n’était-il pas armé?

royaume-uni En Angleterre, les  « bobbies » sont « traditionnellement non armés »…

Lucie Bras

— 

Des policiers lors de l'attaque aux abords du Parlement britannique le 22 mars 2017.

Des policiers lors de l'attaque aux abords du Parlement britannique le 22 mars 2017. — Yui Mok/AP/SIPA

Keith Palmer, un policier de 48 ans, fait partie des trois victimes de l' attaque à proximité du Parlement britannique à Londres. Il n’avait pas d’arme sur lui, une condition courante en Angleterre où la majorité des agents ne sont pas armés.

>> A lire aussi : EN DIRECT. Attentat à Londres: Daesh revendique l'attaque... Quatre morts dont l'assaillant...

C’est l’un de ses collègues qui a dû tirer trois ou quatre coups de feu pour essayer de le défendre lorsque le suspect de l’attaque s’est lancé sur le « bobby », le surnom des policiers britanniques. « Notre équipe de protection parlementaire est composée d’officiers armés et non armés qui assurent différents rôles, et malheureusement, celui qui a perdu la vie aujourd’hui ne portait pas d’arme », a déclaré mercredi Mark Rowley, le chef adjoint de la police.

Remise en question du non-armement des « bobbies »

Cette situation n’est pas rare en Angleterre où la majorité des officiers de police ne sont pas armés. « C’est la tradition, les bobbies sont des gardiens de la paix, des agents de service public, donc ils n’ont pas d’arme », explique Alain Bauer, criminologue au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). En 2014, seulement 4,5 % d’entre eux étaient autorisés à en posséder une.

Les officiers chargés de la sécurité du Parlement se tiennent devant les grilles de l’édifice. Avec leurs vestes fluo, le public peut les reconnaître et les aborder. « Les touristes viennent leur parler, prendre des photos avec eux. Ils les voient tout le temps », souligne Graham Wettone, un ancien officier de police sur Sky News. « Ce ne serait pas la même relation s’ils étaient armés », poursuit l’officier. Mais après la mort de Keith Palmer, la police poursuit sa réflexion sur le réarmement de ses agents.

>> A lire aussi : VIDEO. Attentat à Londres: Ce que l'on sait du principal suspect

La question se pose même depuis 2005, date des attentats dans le métro londonien. Depuis, la police arme peu à peu ses officiers. En 2016, 600 policiers supplémentaires ont été armés.