Le FBI aurait des informations sur une possible coordination entre des proches de Trump et la Russie

ETATS-UNIS L'enquête se concentre sur le timing de la publication des emails piratés qui ont torpillé la campagne de Clinton...

Philippe Berry

— 

Photomontage de Donald Trump et Vladimir Poutine.

Photomontage de Donald Trump et Vladimir Poutine. — PHOTOS AFP

La Maison Blanche ne brûle pas encore, mais il commence à y avoir beaucoup de fumée. Selon CNN, le FBI « dispose d’informations indiquant que des associés de Donald Trump ont communiqué avec des agents russes présumés et auraient possiblement coordonné la divulgation d’informations préjudiciables à la campagne d’Hillary Clinton. »

>> A lire aussi : Le feuilleton Trump-Russie est très, très loin d'être terminé

La chaîne américaine prend d’extrêmes précautions car à ce stade, les informations ne sont pas concluantes à 100 % et l’enquête se poursuit, indique CNN. Mais il s’agit de la première fois qu’une fuite parle directement d’une possible coordination, qui semble se concentrer sur la publication des emails piratés du directeur de campagne d’Hillary Clinton, John Podesta. Mardi, le directeur du FBI, James Comey, a officialisé qu’une enquête était en cours pour déterminer si une « coordination » avec eu lieu. Pressé par des élus démocrates, il a cependant refusé d’en dire davantage.

Quatre proches de Trump dans le viseur

Selon les médias américains, l’enquête se concentre sur quatre proches de Donald Trump :

  • son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, qui a fait du lobbying pro-russe en Ukraine par le passé.
  • l’ex-conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn, viré pour avoir caché sa rencontre avec l’ambassadeur russe.
  • le conseiller informel des premiers jours, Roger Stone, qui a reconnu avoir échangé avec Guccifer 2.0, soupçonné par le renseignement américain d’être un alias représentant plusieurs hackers russes à la solde de Moscou. Stone s’est également vanté d’avoir un canal de communication indirect avec le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, et avait tweeté « Hillary est finie » quelques jours avant la publication des emails piratés.
  • Carter Page, un conseiller de la campagne en matière de politique étrangère disposant de nombreux liens politiques et financiers en Russie.

« La vérité va finir par sortir »

Alors que l’enquête se poursuit, Donald Trump tente de prendre ses distances avec ces quatre hommes. Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, est même allé jusqu’à jurer mardi que Paul Manafort avait eu « un rôle très limité pendant une brève période », alors qu’il a dirigé la campagne de Donald Trump pendant plus de cinq mois en pleine primaire républicaine.

Mercredi soir, la Maison Blanche n’avait pas réagi aux révélations de CNN. Mais le sénateur républicain John McCain a réclamé la création d’une commission d’enquête indépendante, estimant que celle du Congrès, dominée par les républicains, avait « perdu toute crédibilité ». La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, elle,  leur a lancé un avertissement sur Twitter : « La vérité va finir par sortir, républicains. Rangez-vous du bon côté de l’histoire avant qu’il ne soit trop tard. » Tic, tac.

 

Mots-clés :