Kim Jong-Un observe un essai de nouveau moteur de fusée sur cette photo fournie par l'organe officiel du Parti du travail nord-coréen, le 20 septembre 2016.
Kim Jong-Un observe un essai de nouveau moteur de fusée sur cette photo fournie par l'organe officiel du Parti du travail nord-coréen, le 20 septembre 2016. - Yonhap News/NEWSCOM/SIPA

Un exercice en forme d'énième provocation. La Corée du Nord a testé un nouveau moteur de fusée, en présence de son leader Kim Jong-un, semblant ainsi saluer l’arrivée du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson à Pékin, où la Chine et les Etats-Unis ont largement évoqué le programme nucléaire de Pyongyang samedi.

« Le monde va bientôt réaliser la signification de la victoire historique que nous avons signée aujourd’hui », a souligné le chef du régime nord-coréen, cité dimanche par KCNA, l’agence de presse officielle nord-coréenne.

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Ce test avait visiblement été programmé pour coïncider avec l’arrivée à Pékin samedi du nouveau chef de la diplomatie américaine, qui vient de dénoncer le « niveau dangereux » des tensions dans la région, à quelques heures de sa rencontre dimanche avec le président chinois Xi Jinping.

L’option d’une opération militaire américaine « sur la table »

Ces moteurs pour fusées pouvant facilement être adaptés pour propulser des missiles, de nombreux observateurs pensent que le programme nord-coréen en matière de lanceurs de satellites n’est qu’une feuille de vigne cachant la réalité, c’est-à-dire les tests dans le domaine militaire.

Avant de mettre le pied en Chine, Rex Tillerson était passé par le Japon et la Corée du Sud. Dans le cadre de cette tournée en Asie, le chef de la diplomatie américaine a notamment insisté sur le fait que les Etats-Unis n’allaient plus suivre la politique de « patience stratégique » mise précédemment en œuvre par Washington envers le régime de Pyongyang, politique qui selon lui a échoué. A ce sujet, il a souligné qu’une opération militaire américaine était notamment « une option sur la table ».

Un nouveau test pendant la visite de Xi Jinping aux Etats-Unis ?

Le dernier test d’une fusée lanceuse de satellites par la Corée du Nord avait eu lieu en septembre 2016, test là aussi réalisé en la présence de Kim Jong-un. Le leader de Pyongyang avait alors plaidé pour que son pays « puisse disposer de satellites géostationnaires d’ici deux ans ».

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Pour qu’un satellite puisse être installé en orbite géostationnaire il lui faut être propulsé à une attitude de 36.000 km, et la Corée du Nord a démontré ses progrès dans ce secteur en développant des missiles balistiques intercontinentaux qui pourraient atteindre la côte est américaine, a souligné le professeur Yang Moo-jin, de l’université des études nord-coréennes.

Selon lui, le régime de Pyongyang pourrait tester en secret un missile balistique intercontinental, et ce depuis un lanceur mobile. « Ce test serait programmé pour coïncider avec la visite du président chinois Xi Jinping aux Etats-Unis », ainsi qu’avec l’anniversaire de la fondation de l’armée nord-coréenne, a précisé l’expert, en évoquant la rencontre envisagée entre Xi Jinping et Donald Trump en avril, rencontre toujours en négociations. Ce sommet aurait lieu à Mar-a-Lago, en Floride, dans la luxueuse résidence de week-end du milliardaire.

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