Angela Merkel assiste à la réunion hebdomadaire du gouvernement, le 15 mars 2017.
Angela Merkel assiste à la réunion hebdomadaire du gouvernement, le 15 mars 2017. - Markus Schreiber/AP/SIPA

Le président américain Donald Trump reçoit vendredi la chancelière allemande Angela Merkel avec la volonté de mettre en avant la solidité des liens entre les deux pays alliés après une série d’échanges tendus.

L’heure est venue de faire connaissance pour ces deux dirigeants au parcours, au style et aux choix politiques radicalement différents. L’Europe aura les yeux braqués sur cette rencontre dans le Bureau ovale et la conférence de presse qui suivra : les enjeux politiques sont importants.

« Je la respecte, je l’aime bien mais je ne la connais pas », déclarait Donald Trump mi-janvier. A l’approche du rendez-vous, l’exécutif américain a souligné la force de la relation avec l’Allemagne et insisté sur le fait que Donald Trump entendait profiter de l’expérience de la chancelière, en particulier dans ses relations avec le maître du Kremlin Vladimir Poutine ou encore sur le dossier ukrainien. Un responsable de la Maison Blanche a prédit une « rencontre cordiale et très positive ».

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Merkel veut éviter le précédent « Theresa May »

Mais les déclarations tonitruantes, parfois contradictoires, de l’homme d’affaires septuagénaire au cours des semaines écoulées donneront une coloration particulière à ce premier contact de visu. Trump s’en est pris avec virulence à l’Europe, louant le « merveilleux » Brexit ou prédisant que d’autres pays quitteraient l’Union, mais a aussi attaqué frontalement l’Allemagne, dénonçant son rôle par trop dominant et qualifiant sa politique d’accueil des réfugiés de « catastrophique ».

« L’Allemagne regarde aujourd’hui les Etats-Unis avec un mélange de perplexité et d’inquiétude », résume Jeffrey Rathke, du Center for Strategic and International Studies (CSIS), soulignant à quel point l’administration Trump était impopulaire au sein de la première économie européenne. Et l’expert de citer en particulier les inquiétudes liées « aux affinités du président et de certains membres de son cercle rapproché envers les mouvements nationalistes et populistes en Europe ».

Un exercice d’équilibriste

Pour Angela Merkel, qui vise un quatrième mandat et qui parlera donc aussi à ses compatriotes, cette visite s’apparente à un exercice d’équilibriste : confirmer la vigueur des liens transatlantiques, économiques comme militaires, tout en gardant une certaine distance avec l’équipe Trump. Il est probable que la dirigeante allemande prendra soin de ne pas reproduire une surprenante image qui avait marqué les esprits : celle de la Première ministre britannique Theresa May tenant la main de Donald Trump en marchant sous la célèbre colonnade des jardins de la Maison Blanche.

Un point de friction semble inévitable : le climat, dont l’Allemagne entend faire un des sujets centraux du G20 qu’elle préside à Hambourg en juillet. Dans son projet de budget dévoilé jeudi, Donald Trump a laissé peu de place au doute : au niveau national comme international, il entend faire des coupes claires dans la quasi-totalité des fonds consacrés à la lutte contre le changement climatique.

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