PROCES - Sept à onze ans de travaux forcés ont été requis...
Le procureur général de la Cour criminelle de N'Djamena a requis mercredi de sept à onze ans de travaux forcés contre les six accusés français dans le procès de l'Arche de Zoé.
En revanche, le magistrat a requis l'acquittement pour deux responsables tchadiens de la ville de Tiné et a laissé le jury libre de fixer la peine d'une troisième Tchadien et d'un Soudanais.
Les plaidoiries de la défense
Sans surprise, les avocats des six Français ont plaidé pour l'acquittement de leurs clients, invoquant «leur bonne foi». «Vous ne pouvez que prononcer l'acquittement. Eric Breteau (le président de l'association française l'Arche de Zoé) ne voulait pas laisser faire des injustices au Darfour (ouest du Soudan) où des enfants meurent tous les jours», a déclaré Me Céline Lorenzon, avocate française qui représente les six membres de l'association.
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L'audience, suspendue vers midi, a été brièvement interrompue peu après sa reprise après un incident entre les avocats des accusés français et ceux des parties civiles.
A l'issue des plaidoiries de la défense, les avocats des parties civiles ont réclamé la parole. Les avocats des six accusés ont menacé de quitter la salle si elle leur était accordée, soulignant que le dernier mot devait revenir à la défense.
Le président de la Cour criminelle de N'Djamena a finalement autorisé les avocats des parties civiles à reprendre la parole en invoquant le Code de procédure pénale, qui autorise la réplique des parties civiles sous réserve que la défense ait la parole en dernier.
Breteau «désolé»
Il devrait donc ensuite redonner la parole à la défense avant de clore les débats.
A la reprise de l'audience les différents avocats des dix accusés ont poursuivi leurs plaidoiries, réclamant tous l'acquittement de leurs clients.
A la clôture des débats, Eric Breteau s'est dit «désolé» d'avoir séparé des enfants tchadiens de leur famille, répétant n'avoir cherché au Tchad que des «orphelins du Darfour». «S'ils sont Soudanais, nous les avons privés d'un avenir meilleur, s'ils sont Tchadiens et qu'on nous a menti, si nous les avons séparés de leurs familles, nous sommes navrés, sincèrement désolés, car nous n'avons jamais voulu séparer des familles», a-t-il ajouté.
«Je maintiens ce que j'ai dit depuis le début de l'instruction, nous avons toujours recherché des orphelins du Darfour.»
Après cette intervention, la Cour, composée de trois magistrats professionnels et de quatre jurés, s'est retirée pour délibérer.
avec agence