VIDEO. Brexit: L'Ecosse évoque un nouveau référendum sur l'indépendance du pays

REFERENDUM Si les Britanniques ont voté à 52 % en faveur d’un divorce avec l’UE lors du référendum, les Ecossais s’étaient prononcé à 62 % pour un maintien dans le giron européen...

20 Minutes avec AFP

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La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon — DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Alors que Londres se rapproche de la sortie de l’Union européenne, l' Ecosse, elle, veut y rester, et rêve, à nouveau, d’indépendance. Ce lundi, en annonçant qu’elle allait lancer un nouveau référendum d’indépendance, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a remis en avant l’une des conséquences les plus redoutées du Brexit : l’éclatement pur et simple du Royaume-Uni.

L’Ecosse maître de son destin ?

Car si les Britanniques ont voté à 52 % en faveur d’un divorce avec l’UE lors du référendum historique du 23 juin 2016, les Ecossais s’étaient, eux, prononcé à 62 % pour un maintien dans le giron européen.

Farouchement hostile au Brexit, en particulier à la sortie du marché unique, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé ce lundi qu’elle demanderait la semaine prochaine l’autorisation d’organiser un référendum pour l’indépendance de la province fin 2018 ou début 2019.

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« J’estime qu’il est important que l’Ecosse soit en mesure de décider de son futur », a-t-elle déclaré. La cheffe des indépendantistes SNP n’a cessé depuis juin dernier de répéter qu’une sortie de l’UE justifierait l’organisation d’une nouvelle consultation, après celle de septembre 2014, remportée par le « non » (55 %) et vécue comme un rendez-vous manqué avec l’Histoire par les nationalistes.

Un référendum « sous conditions » ?

La nouvelle, annoncée alors que le Parlement britannique s’apprête à donner son feu vert définitif au déclenchement du Brexit, a pris de court le Royaume-Uni. Selon Mark Diffley, directeur Ecosse de l’institut Ipsos Mori, la très populaire Nicola Sturgeon nourrit « l’espoir qu’en menant une campagne très différente de celle de 2014, alors qu’on se dirige vers un Brexit dur, elle réussira à convaincre suffisamment d’électeurs ».

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Nicola Sturgeon, 46 ans dont trente ans de militantisme nationaliste, avait préparé le terrain la semaine dernière en justifiant l’organisation d’un référendum à l’automne 2018.

« Je pense que quand le genre d’accord obtenu par le Royaume-Uni sur la sortie du pays de l’Union européenne deviendra clair, ce serait une date logique (…) si c’est le chemin que nous choisissons de prendre », a-t-elle affirmé sur la BBC.

L’Ecossaise devra toutefois franchir toute une série d’obstacles.

Un nouveau référendum possible ?

A commencer par l’opposition de la Première ministre conservatrice Theresa May. « Les habitants de l’Écosse méritent un Premier ministre concentré sur leurs priorités » et « pas un nationalisme borné », a-t-elle lancé début mars à Édimbourg.

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Downing Street a réitéré cette position ce lundi dans un communiqué en condamnant « un facteur de division » intervenant « au pire moment possible ». Mais Theresa May peut-elle vraiment empêcher un nouveau référendum ? Ce serait prendre le « risque de pousser l’opinion publique dans les bras de l’indépendance », estime Mark Diffley.

Un projet économique solide et ambitieux pour l’Ecosse

L’option la plus probable, développe-t-il, serait que la Première ministre accorde un nouveau vote sous « conditions », en exigeant par exemple « qu’il ne puisse pas avoir lieu avant que l’accord sur le Brexit ne soit conclu » avec l’UE, soit pas avant 2019.

Nicola Sturgeon, qui jouera vraisemblablement son poste avec cette consultation, devra également s’assurer du soutien d’une opinion pas encore totalement prête à franchir le pas, même si le soutien à l’indépendance progresse (48 % des Ecossais favorables, selon un sondage BMG publié ce lundi).

Elle devra enfin présenter un projet économique solide et ambitieux pour l’Ecosse, qui a accusé un déficit de 15 milliards de livres (17,4 milliards d’euros) pour l’exercice 2015-16, conséquence notamment de l’arrivée à maturité des champs pétroliers de mer du Nord et de l’impact de la chute des cours mondiaux.