Un tribunal canadien, illustration
Un tribunal canadien, illustration - Pierre Roussel/NEWSCOM/SIPA

Sa tête était réclamée par ses pairs. Un juge fédéral canadien a annoncé jeudi sa démission, après une controverse née lors d’une audience au cours de laquelle il avait demandé à la victime présumée d’un viol pourquoi elle « n’avait pas serré les genoux ».

Le Conseil canadien de la magistrature (CCM) avait demandé jeudi à la ministre de la Justice la radiation du juge Robin Camp qui a préféré démissionner.

« La souffrance et le sexe vont parfois ensemble »

Au procès d’une affaire de viol qu’il présidait en 2014, le juge Camp avait demandé à la victime présumée de 19 ans pourquoi elle n’avait pas « simplement gardé les genoux serrés » pour faire barrage à son agresseur.

>> A lire aussi : Elle lance un short anti-viol muni d'un cadenas et d'une alarme

Le juge, qui avait à plusieurs reprises référé la victime comme « accusée », avait aussi fait la remarque que « la souffrance et le sexe vont parfois ensemble ».

Face aux critiques, Robin Camp s’était excusé publiquement.

Excuses et démission 

La conduite du juge porte atteinte « aux notions d’impartialité, d’intégrité et d’indépendance de la justice », a estimé le CCM dans sa demande de révocation.

La magistrature a mentionné qu’un juge doit faire preuve « d’humilité, de tolérance et de respect envers les autres ». Le juge Robin Camp « a agi d’une manière qui nuit fortement à la confiance du public dans la Justice ».

Dans le communiqué annonçant sa démission, Robin Camp a mentionné vouloir exprimer ses « plus sincères excuses » à tous ceux que ses « paroles ont blessés ».

Depuis la création du CCM en 1971, Robin Camp est le troisième juge à être contraint de démissionner après une recommandation en ce sens du Conseil.

Mots-clés :