BELGIQUE - Reportage à Bruxelles de notre correspondant...
Des terroristes à Bruxelles! Le Père Noël n’a pas avalé son bonnet, samedi après-midi, place Sainte-Catherine. Les Belges non plus d’ailleurs: ils étaient nombreux à braver le plan anti-terroriste de niveau 4 – une première dans le plat pays – pour finir leurs emplettes de Noël.
«Les gens en parlent, reconnaît un vendeur de chocolats, près du théâtre de la Monnaie. Mais ils sont toujours aussi nombreux.» Tant mieux pour les affaires: ce plan vigilance est maintenu jusqu’au 2 janvier prochain. Et ce, malgré la libération, faute de preuves, samedi matin, des quatorze suspects interpellés la veille.
Sur la grand-place, les nombreux touristes s’attardent davantage devant la crèche où figure déjà le petit Jésus qu’auprès des escouades de policiers, pourtant affublés de chasubles orange fluo. Maud, Bruxelloise, est l’une des seules à s'inquiéter. «Je dois aller place Sainte-Catherine, la zone la plus dangereuse, explique-t-elle aux policiers. Il n’y a pas de risque?»
Sous sa casquette, l’agent se contente de répondre, à la manière d’un flic des Experts: «Tout est sous contrôle, M’dame.»
«On ne peut plus rien jeter dans les poubelles»
Pour s’en assurer définitivement, il faut franchir les portes du poste de police central, situé deux rues plus loin. Totalement vide en ce samedi après-midi. «Il n’y personne à l’Etat major», se contente de répondre l’agent chargé de l’accueil qui avoue ne pas savoir ce qui se passe vraiment. Et pourtant, les brigades de police continuent de tourner. Devant l’église Sainte-Catherine où la chorale enchaîne les cantiques; dans les travées du marché aux poissons noir de monde et aux abords des nombreux bistrots. «Le pire dans cette histoire, c’est qu’ils ont scellé les poubelles, regrette un serveur, philosophe, d’une taverne. On ne peut plus rien jeter.»
Pour connaître enfin la raison de cette descente de police, il faut descendre dans les entrailles de la ville. Station De Brouckere. L’une des 35 stations de métro sur 70 classées «à risques». Une brigade de quatre policiers fouillent une bande de jeunes occupés à fumer. «On s’intéresse à tout ce qui est suspect, nous assure le chef. Mais on ne s’attend vraiment pas à croiser un terroriste.» Sur les quais, son collègue, tout aussi dubitatif, poursuit: «je me demande quand même si ce n’est pas un coup monté du gouvernement. On découvre le plan d’évasion d’un prisonnier et tout le pays est en alerte. Je pense qu’ils ont voulu montrer à la population que la police était encore là…»
A Bruxelles, Vincent Vantighem