VIDEO. Construction du mur de Trump: Hollande appelle Lafarge à la «prudence»

ECONOMIE Le président monte au créneau alors que le cimentier franco-suisse s'est dit ouvert à participer à l'ouvrage...

20 Minutes avec AFP

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Un garde-frontière américain patrouille au Nouveau-Mexique.

Un garde-frontière américain patrouille au Nouveau-Mexique. — Russell Contreras/AP/SIPA

Le mur de la discorde n’a pas fin de faire des vagues. François Hollande a appelé jeudi le groupe franco-suisse LafargeHolcim à « se montrer prudent avant de se porter candidat » pour vendre son ciment pour la construction du mur promis par Donald Trump à la frontière mexicaine.

Un peu plus tôt, c’est le ministre des Affaires étrangères qui avait conseillé à l’entreprise de « bien réfléchir » à sa décision par ce qu' « il y a d’autres clients dans le monde qui vont regarder cela avec une certaine stupéfaction. Je rappelle que les entreprises (…) ont aussi une responsabilité sociale et environnementale », a dit le chef de la diplomatie française à la radio-télévision publique Franceinfo.

Un projet de plusieurs dizaines de milliards de dollars

Lorgnant sur le colossal programme de travaux publics en préparation aux Etats-Unis, LafargeHolcim s’est dit prêt à vendre son ciment pour ce projet controversé, assure son PDG dans un entretien à l’AFP.

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Ce projet à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, est au centre d’une crise diplomatique entre Mexico et Washington et suscite des critiques à travers le monde. D’une longueur de 1.600 km, l’édifice pourrait prendre au moins cinq ans à être construit.

« Nous sommes ici pour servir nos clients »

« Nous sommes prêts à fournir nos matériaux de construction pour tous types de projets d’infrastructures aux Etats-Unis », déclare Eric Olsen, le patron du géant du ciment, interrogé sur sa possible participation à ce chantier controversé. « Nous sommes le premier cimentier aux Etats-Unis (…). Nous sommes ici pour soutenir la construction et le développement du pays », justifie, en anglais, le dirigeant.

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Questionné sur les éventuelles conséquences sur la réputation du groupe, Eric Olsen insiste sur le fait que LafargeHolcim ne fait pas de politique. « Nous sommes ici (aux Etats-Unis) pour servir nos clients et répondre à leurs besoins. Nous ne sommes pas une organisation politique », défend le grand patron.

A l’abri d’un éventuel boycott

Olsen opposera une réponse identique au sujet d’une possible victoire de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen lors de la future présidentielle française, alors que cette perspective inquiète de plus en plus les milieux financiers et d’affaires internationaux.

Si ces positions sont de nature à valoir au groupe une mauvaise publicité et des remontrances des politiciens, notamment en Europe, l’impact matériel serait, lui, négligeable, car LafargeHolcim ne vend pas directement son ciment aux consommateurs. Il est ainsi à l’abri d’un potentiel boycott populaire comparable à celui subi par Uber après sa réaction timide au premier décret anti-immigration pris par le président américain fin janvier.

Egalement présent aux Etats-Unis, le cimentier irlandais CRH a pour sa part déjà fait savoir qu’il ne fournirait pas ses matériaux pour la construction du mur du président Trump, qui a signé le décret de lancement du projet de construction le 25 janvier. Lafarge fera en revanche face au cimentier mexicain Cemex, fortement pressenti pour emporter ce projet.