AFRIQUE DU SUD — Le nouveau président du principal parti du pays, soupçonné de corruption, avait expliqué que pour se prémunir du sida, une bonne douche pouvait suffire...
Jacob Zuma revient de loin. Né il y a soixante-cinq ans dans le cœur du Zoulouland, en plein Apartheid sud-africain, homme du peuple et autodidacte,
Jacob Zuma a pourtant pris mardi les rênes de l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud. Un marchepied idéal pour la présidence de la République, occupée jusqu’en 2009 par son grand rival, Thabo Mbeki.
«Pour limiter les risques, j’ai pris une douche complète après.»
Politiquement, Jacob Zuma a connu l'enfer. Condamné pour corruption, il est limogé en 2005 de son poste de vice-président de la République par Thabo Mbeki. La même année, il est inculpé pour viol. Jocab Zuma est acquitté miraculeusement. Sa ligne de défense: «Elle était en demande et, dans la culture zouloue, une femme en demande doit être satisfaite.» La jeune femme en question était notoirement séropositive. Pas un problème pour Jacob Zuma: «Je n’avais pas de préservatif sous la main. Pour limiter les risques, j’ai pris une douche complète après.» Pas très sérieux, de la part de l’ancien président de l’organe national de lutte contre le sida dans un pays très touché par l’épidémie.
Pourtant, Jacob Zuma est revenu sur le devant de la scène, grâce à un populisme à tous crins. Il n’a jamais hésité à jouer de son image de codétenu avec Nelson Mandela, dans les années 60. C’est d’ailleurs à Robben Island qu’il a appris à lire et écrire, grâce à l’enseignement de grands anciens de l’ANC, comme Govan Mbeki, le père de l’actuel président.
Corrompu?
C’est peut-être le seul point commun entre Thabo Mbeki et Jacob Zuma. Le premier est Xhosa, comme Nelson Mandela, le second est zoulou, la principale ethnie du pays.
Il reste encore une marche pour atteindre la magistrature suprême. Mais Jacob Zuma n’a pas encore complètement échappé à la justice. Il est maintenant soupçonné d’avoir reçu
une commission faramineuse pour favoriser le groupe français Thales. Et même si la justice sud-africaine paraît confiante dans sa mis en accusation, Jacob Zuma pourrait bien passer encore une fois entre les gouttes.
Pierre Koetschet