«Designated survivor»: Pendant le discours de Trump, un ministre se préparait au pire des scénarios

ETATS-UNIS Lorsque le président américain s'adresse au Congrès, la tradition américaine veut qu'un membre du gouvernement reste à l'écart du Capitole...

M.C. avec AFP

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Donald Trump quitte le Capitole après son discours devant le Congrès, le 28 février 2017.

Donald Trump quitte le Capitole après son discours devant le Congrès, le 28 février 2017. — Andrew Harnik/AP/SIPA

On l’appelle le « designated survivor », le « survivant désigné ». Pendant les discours du président américain devant le Congrès, un ministre reste toujours à l’écart, enfermé dans un lieu tenu secret, prêt à assumer les fonctions de commandant en chef si une catastrophe décimait le gouvernement.

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Mardi, pour le premier discours de Donald Trump dans l’hémicycle de la chambre des représentants, le survivant désigné s’appelait David Shulkin, actuel ministre des Anciens combattants. Le médecin de 57 ans a donc sans doute regardé l’allocution à la télévision, depuis un lieu sécurisé. Cette tradition américaine remonte à la guerre froide et la charge de « survivant désigné » revient le plus souvent à des titulaires de portefeuille de moindre importance au sein du cabinet ministériel.

« Un steak délicieux »

Cela semble totalement irréel », se souvient Jim Nicholson, ancien ministre de George W. Bush, qui occupait lui aussi le portefeuille des Anciens combattants. En 2006, il était le survivant désigné pendant le discours sur l’Etat de l’Union du président républicain.

Prévenu plusieurs semaines à l’avance par le chef de cabinet de George Bush, il avait été emmené le jour J, par hélicoptère dans un « centre de commande » secret où on lui a expliqué ce qu’on attendrait de lui en cas de catastrophe, comme Kiefer Sutherland dans la série Designated Survivor. Il se souvient aussi d’avoir mangé « un steak délicieux ».

Après ces quelques heures passées dans un cocon, la chute est parfois d’autant plus dure : Dan Glickman, ministre de l’Agriculture de Bill Clinton qui a endossé le rôle de survivant désigné en 1997, se souvient qu’une fois les agents du Secret service partis après le discours, il a dû rentrer à pied sous la neige. « Trois heures plus tôt, j’étais potentiellement l’homme le plus puissant du monde. Trois heures plus tard, je ne pouvais même pas prendre un taxi. »

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